JE NE SUIS PAS UN ANGE

JE NE SUIS PAS UN ANGE

I'M NO ANGEL

Une comédie de Wesley Ruggles

87  mn

Avec Mae West, Cary Grant, Edward Arnold, Gregory Ratoff, Kent Taylor, Gertrude Michael, Russell Hopton, Dorothy Peterson
Scénario de Mae West
D'après Lowell Brentano, Harlan Thompson
Musique de Harvey Brooks
Photo de Leo Tover
Produit par William LeBaron

RESUME
Une chanteuse de foire vit avec un pickpocket jusqu'au jour où celui-ci est arrêté après avoir agressé un rival. Le directeur du spectacle propose alors à la chanteuse, qui est également dompteuse, d'effectuer un numéro périlleux avec un lion.

COMMENTAIRE
Provocante, enveloppée, grivoise, Mae West - qui commence sa carrière cinématographique à 41 ans - dénote parmi les actrices à succès de sa génération. Elle n’en est pas moins l’une des plus grandes : après « Lady Lou », qui renfloue les caisses de la Paramount en 1933, « Je ne suis pas un ange » remporte un succès plus important encore. Elle doit ce vedettariat en partie à son style provoquant et à ses réparties cinglantes pleines de sous-entendus qui en font incontestablement l’artiste le plus porté sur le sexe dans cet Hollywood des années trente. Elle semble être l’exutoire à toutes les frustrations engendrées par le puritanisme qui gagne l’industrie du cinéma à cette époque. D’ailleurs, poursuivie par les censeurs pour ses attitudes et ses boutades prétendues obscènes, sa carrière ne fera pas long feu : en 1938 la Paramount rompt son contrat. Il faut dire qu’à l’inverse d’autres sex-symbols, telle Jean Harlow, qui se contente d’interpréter un rôle, West est l’auteur de ses scénarios et ainsi, chose exceptionnelle, devient son propre instrument, attisant plus encore l’animosité de la censure. Beau jeune homme de 29 ans en début de carrière, Cary Grant - après « Lady Lou » - joue une nouvelle fois à ses côtés une sorte de gigolo. Elle ne craint pas de lui faire des avances enflammées : « vous allez aimer ce que j’ai en tête » lui dit-elle au téléphone, puis, plus loin elle répond à « Je pourrais être ton esclave » par un langoureux « Ca peut s’arranger ». Cette relation est particulièrement sulfureuse et on comprend que l’actrice choqua autant qu’elle stimula les fantasmes des spectateurs. Ceci étant, le film est une comédie quelque peu décousue où l’on passe du monde de la foire à celle du cirque pour finir par des scènes mondaines et un procès, au hasard d’une intrigue qui cherche avant tout à servir la verve de West. De nombreuses chansons, toutes interprétées par l’actrice, viennent également agrémenter le film, ajoutant aux autres talents de l’artiste ceux de chanteuse.

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