ARÈNES SANGLANTES (1941)

ARÈNES SANGLANTES (1941)

BLOOD AND SAND

Un mélodrame de Rouben Mamoulian

125  mn

Avec Tyrone Power, Rita Hayworth, Linda Darnell, Anthony Quinn, Alla Nazimova, John Carradine, J. Carrol Naish, Pedro De Cordoba, Lynn Bari, Laird Cregar
Scénario de Jo Swerling
D'après Vicente Blasco-Ibanez
Musique de Alfred Newman
Photo de Ernest Palmer, Ray Rennahan
Produit par Darryl Francis Zanuck

RESUME
@P. A Séville, le fils d'un torero mort dans l'arène rêve de suivre les traces de son père. Il monte avec sa quadrille de gamins à Madrid pour se faire un nom. Avant, il promet à son amie de revenir pour l'épouser lorsqu'il aura réussi.

COMMENTAIRE
Inspiré d’un roman de Vicente Blasco-Ibanez publié en 1908, remake d’un mélodrame avec Rudolph Valentino sorti en 1922, « Arène sanglante » a cette particularité de ne pas se conclure par le happy end alors de rigueur dans le cinéma hollywoodien. La sombre fin du héros apporte ici une note d’autant plus saisissante qu’elle est originale pour l’époque. Note qui place définitivement l’œuvre sous le signe du romantisme et de la poésie, ce qui ne peut laisser insensible, surtout si l’on considère que la mise en œuvre de l’ensemble est splendide. Rouben Mamoulian retrouve l’inspiration de « La reine Christine » et du « Cantique des cantiques ». Talentueux directeur d’acteurs, nanti d’une vision lucide et personnelle de l’histoire qu’il conte, il semble maîtriser parfaitement le jeu des comédiens, ce qui leur assure une cohérence et un ton remarquablement juste. Dans la première partie du film, il arrive à faire de Tyrone Power un être fougueux et flamboyant dans la veine d’un Errol Flynn - lui qu’on considère comme un ersatz de Flynn - puis, lorsque l’histoire bascule dans la passion amoureuse, il l’habille d’un masque tourmenté parfaitement rendu. En parallèle, la femme fatale (Rita Hayworth), l’épouse dévouée (Linda Darnell), le journaliste cynique (Laird Cregar) ont une densité qui les mettent en valeur. Autre aspect intéressant, la musique. Celle-ci, largement inspirée du folklore espagnol, modifie la facture musicale habituelle du film hollywoodien. Des parties chantées et dansées sont enthousiasmantes et permettent peut-être de comprendre pourquoi, parmi les trois derniers films que Mamoulian dirigera encore, deux sont des comédies musicales. A cela s’ajoute une magnifique photographie en technicolor qui permit au film de remporter l’Oscar dans cette catégorie. Ernest Palmer, le chef opérateur deviendra d'ailleurs, après cette récompense, le préposé aux films en couleur de la Fox.

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