JOHNNY APOLLO

JOHNNY APOLLO

JOHNNY APOLLO

Un drame de Henry Hathaway

94  mn

Avec Tyrone Power, Dorothy Lamour, Edward Arnold, Lloyd Nolan, Charley Grapewin, Lionel Atwill, Marc Lawrence, Jonathan Hale, Russell Hicks, Fuzzy Knight, Charles Lane, Selmar Jackson, Charles Trowbridge, John F. Hamilton
Scénario de Philip Dunne, Rowland Brown
D'après Samuel G. Engel, Hal Long
Musique de Cyril Mockridge, Lionel Newman
Photo de Arthur Miller
Produit par Darryl Francis Zanuck, Harry Joe Brown

RESUME
Impliqué dans une affaire d'escroquerie, un riche agent de change écope de cinq ans de prison. Son fils, déçu, renie alors son père. Mais ne trouvant pas de travail parce que son nom est entaché, le jeune homme se rapproche d'un truand.

COMMENTAIRE
C’est avec « Johnny Apollo » qu’Henry Hathaway débute sa carrière à la Fox. Après avoir passé sept ans, la durée d’un contrat, à la Paramount, le cinéaste rejoint le studio dirigé par Darryl Francis Zanuck où, durant les vingt années suivantes, le cinéaste y réalisera par moins de trente deux films parmi lesquels on compte de nombreux chefs-d’œuvre. « Johnny Apollo » ouvre de façon convaincante cette période fertile et augure déjà une certaine affinité entre Hathaway et le studio. Alors que ces dernières années, auréolé d’une réputation d’excellent réalisateur de films d’aventures - après le succès des « Trois lanciers du Bengale » -, il avait enrichi le genre d’œuvres tout juste honnêtes, la Fox lui propose ici un sujet radicalement nouveau. Les grands espaces et les épopées héroïques aux scènes d’action trépidantes seront remplacés par un décor urbain, une intrigue psychologique et tortueuse. Or, loin d’être décontenancé, Hathaway imprime une atmosphère inédite à ce film qui se situe entre le polar et le drame. En 1940, lorsque « Johnny Apollo » sort sur les écrans, on ne parle pas encore de film noir, il faudra attendre l’année suivante et « Le faucon maltais » pour que le genre voie véritablement le jour. Pourtant, « Johnny Apollo » en annonce déjà par moment les contours. On retiendra en particulier cette scène magnifique qui se déroule dans un escalier à peine éclairé par des néons extérieurs, où l’on entend en fond sonore la musique d’un piano mécanique. Alors qu’il attend un avocat véreux, le héros fait la connaissance, dans ce lieu insolite, d’une inconnue incarnée par Dorothy Lamour. Résultat d’une alchimie subtile, le climat général qui se dégage est typique de celle qui envahira les films noirs à venir. (C’est tout naturellement que par la suite, toujours à la Fox, Hathaway signera quelques-uns des plus beaux spécimens du genre). Ajoutons que l’avocat véreux cité plus haut, est incarné par un Charley Grapewin particulièrement émouvant qui accomplit ici l’une de ses plus belles prestations. Torturé par son manque d’éthique, son personnage noie ses remords dans l’alcool jusqu’au jour où il décide de se sacrifier pour ceux qu’il pense encore pouvoir sauver. Car outre la mise en scène brillante, le film bénéficie également d’un excellent scénario. Bien que la fin soit simpliste et béate, cette histoire d’un fils qui suit malgré lui les traces d’un père escroc par négligence, alignent des personnages attachants qui ne laissent jamais indifférents.

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