LA JOYEUSE SUICIDÉE

LA JOYEUSE SUICIDÉE

NOTHING SACRED

Une comédie de William A. Wellman

74  mn

Avec Carole Lombard, Fredric March, Charles Winninger, Walter Connolly, Siegfried Ruman, Frank Fay, Maxie Rosenbloom, Margaret Hamilton, Raymond Scott
Scénario de Ben Hecht
D'après James Street
Musique de Oscar Levant
Photo de W. Howard Greene
Produit par David O. Selznick

RESUME
Victime d'une imposture qui a ridiculisé son journal, un reporter choisit pour se racheter, de s'intéresser à une femme atteinte d'une maladie incurable. En pleine forme, celle-ci profite de la situation pour être propulsée sous le feu des projecteurs.

COMMENTAIRE
Après « Une étoile est née », William A. Wellman travaille à nouveau ici pour l’ambitieux David O. Selznick, producteur indépendant qui n’a de cesse de produire des films de prestige. Comme précédemment, Wellman bénéficie d’une pellicule couleur encore très peu utilisée à l’époque - et injustifiée ici -, s’adjoint les services de W. Howard Greene, le premier grand maître du Technicolor avec Ray Rennahan, et dirige Fredric March dans le rôle principal. Mais au lieu de relater un sombre drame - dont le thème sera repris plusieurs fois par la suite -, il s’intéresse maintenant à une comédie écrite par Ben Hecht et s’articulant autour d’une imposture magistrale : une femme soit disant condamnée par une maladie incurable est prise en pitié par l’Amérique entière. Le film est ponctué par quelques scènes amusantes telle que celle où Carole Lombard s’écroule ivres devant une foule attristée qui la croie mourante, mais ce sont surtout le jeu des acteurs secondaires qui s’avère les plus drôles. En directeur de journal excédé par les erreurs de son journaliste, Walter Connoly est irrésistible. De même que Siegfried Ruman est formidable en médecin viennois venu examiner l’héroïne. Pour le reste, le jeu particulièrement sobre de March répond à celui beaucoup plus excentrique de Lombard. Bref, tout cela se découvre avec plaisir, même si le propos est finalement dépourvu de la profondeur d’un « Mon homme Godfrey », la précédente grande comédie de Lombard. D’ailleurs, on peut se demander si Wellman n’a pas été, chose inhabituel chez lui, plus intéressé par la forme que par le fond. En effet, il s’amuse durant tout le film à intercaler des objets entre la caméra et les acteurs jusqu’à dissimuler ces derniers. C’est d’abord une grosse branche d’arbre qui vient précisément cacher le visage de March et Lombard alors qu’ils dialoguent. C’est ensuite un bouquet de fleurs qui oblige deux protagonistes à se déplacer pour se voir, et puis une caisse dans laquelle se réfugient les personnages principaux et autour de laquelle tourne la caméra, et c’est enfin la voilette d’une mégère qui dessine un cadre autour du visage de l’héroïne.

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