À L'OUEST RIEN DE NOUVEAU

À L'OUEST RIEN DE NOUVEAU

ALL QUIET ON THE WESTERN FRONT

Un film de guerre de Lewis Milestone

140  mn

Avec Lew Ayres, Louis Wolheim, John Wray, Slim Summerville, Raymond Griffith, Russell Gleason, William Bakewell, Scott Kolk, Vincent Barnett
Scénario de Maxwell Anderson, George Abbott
D'après Erich Maria Remarque
Musique de David Broekman
Photo de Arthur Edeson, Karl Freund, Tony Gaudio
Produit par Carl Laemmle Jr.

RESUME
@F@R En 1914, en Allemagne, après avoir été stimulée par un professeur particulièrement patriote, une classe d'élèves part à la guerre la fleur au fusil. La préparation militaire est difficile mais ceci n'est rien comparé à ce qu'elle vivra sur le front.

COMMENTAIRE
Cette adaptation du roman de Erich Maria Remarque est incontestablement le chef d’œuvre de Millestone. Après avoir découvert une réalisation d'une telle force évocatrice et d'une telle intemporalité, on pourrait penser qu'on a affaire à un réalisateur hors du commun. Or, ses films suivants ne nous apportent pas d'éléments venant confirmer ce jugement. Faut-il en conclure qu' « A l'ouest rien de nouveau » est un accident, où alors, une entreprise où Millestone se dépassa parce qu'elle collait à ses préoccupations ? La production est à la hauteur de ses ambitions et la distribution est attachante, mais ceci n'explique pas non plus comment un film de 1930 fait la brillante synthèse de tous ce qu'il y aura de meilleurs dans les films de guerre à venir. Il semblerait en fait que pour être intéressant le genre doit posséder une exigence auquel ce film répond : la sincérité. Cette exigence procure au film de guerre une noirceur qui ne peut laisser indifférente. Ce groupe de très jeunes garçons poussé dans un enfer dont il ne reviendra pas, représente cette génération qui a été sacrifiée pour des raisons qu'elle ne comprend pas elle-même. Entre son arrivée au camp de formation et sa permission qu'il doit abréger, le héros est méconnaissable. Sa jeunesse, sa joie de vivre, son optimisme et son esprit de corps se sont métamorphosés en âpreté, en désespoir et en replie sur soi-même. Encore vivant, il est déjà mort. D'ailleurs, aucun de ces jeunes ne s'en sont sortis, c'est ce que dit le texte d'introduction. Rarement un film n'aura donné autant à faire réfléchir sur l'absurdité d'une guerre, en particulier sur celle-ci où une génération entière est décimée (à la suivante on décimera une confession). A partir de l'arrivée sur le front jusqu'à la très poétique scène du papillon, chaque scène est une facette de cette absurdité, et alors que nous ne faisons que la constater, les protagonistes, en plus, la subissent. Ce film est un pamphlet jeté par le genre humain au visage de la brutalité universelle. Pour l'anecdote, au début du film les jeunes étudiants, en quittant l'école, encore pleins de faux espoirs, entonnent la « Wacht am Rhein » de Max Schneckenburger. C'est ce même chant nationaliste qui sera repris dans "Casablanca". Comme "A l'Ouest rien de nouveau" il obtiendra l'oscar du meilleur film…

Tous les droits de reproduction et de diffusion réservés © 2013 Hollywood33