ESCADRILLE LAFAYETTE

ESCADRILLE LAFAYETTE

LAFAYETTE ESCADRILLE

Une comédie dramatique de William A. Wellman

89  mn

Avec Tab Hunter, Etchika Choureau, Marcel Dalio, David Janssen, Paul Fix, Clint Eastwood, Brett Halsey, Henry Nakamura, Raymond Bailey
Scénario de A. S. Fleischman
D'après William A. Wellman
Musique de Leonard Rosenman
Photo de William H. Clothier
Produit par William A. Wellman

RESUME
Un jeune bostonien s'enfuit précipitamment d'Amérique après avoir tué un cycliste. En France, il entre dans la légion étrangère avant de rejoindre la fameuse escadrille pour devenir pilote de guerre. Il aura aussi fait connaissance avec une Française.

COMMENTAIRE
« Escadrille Lafayette » est le soixante-dix huitième et dernier film réalisé par William A. Wellman. La boucle est bouclée : le cinéaste conclut sa carrière avec un sujet comparable à celui qui lui apporta la notoriété trente ans auparavant, celui de ces aviateurs américains qui durant la Grande Guerre vinrent se battre au côté des Français. En 1927, Wellman se fait en effet remarquer avec « Wings », le premier film oscarisé de l’histoire. Plus spectaculaire, plus épique que « Escadrille Lafayette », il demeure de la même façon un témoignage sur les conditions de vie de ces héros de la Deuxième Guerre mondiale. En fait, ayant lui-même participé à cette épopée glorieuse, certainement marqué par cet épisode douloureux, Wellman n’aura de cesse de s’intéresser à l’aviation. Pas moins de dix de ses films traitent du sujet, la plupart se concentrant sur l’aviation de guerre. Mais c’est avec « Escadrille Lafayette », le film qu’il pressent certainement comme étant son testament, qu’il fera part de son expérience personnelle de pilote de guerre. Hélas, écrit par un scénariste confidentiel, relatant une histoire sans véritable axe directeur, mis en scène sans conviction, son témoignage ne parvient jamais à décoller. Une grande partie du métrage s’intéresse aux amours borzagiens mais non moins ennuyeux entre le héros et une petite Française - au charme indéniable -, quand l’autre partie, la formation des élèves pilotes, est plutôt pesante. Les intentions de comédie tombent à plat, tandis que la fraternité, le sort malheureux qui touchent ces jeunes recrues ne suscitent aucun enthousiasme. Inexpressif, distant, Tab Hunter, aggrave encore ce phénomène. D’autre part, si le film rend assez bien compte de la barrière de la langue, les officiers français sont souvent grotesques, ce qui ne peut manquer de déranger dans un film qui se veut réaliste. Semblant tout droit sorti d’un film burlesque, Marcel Dalio est particulièrement ridicule. Dans ce contexte, les scènes finales de combats aériens, qui renouent pour le coup véritablement avec « Wings », deviennent les séquences aguicheuses du film, celles qui le feront vendre. Toujours comparé à « Wings », on notera qu’à l’instar de Gary Cooper qui y fait une apparition furtive alors qu’il n’est pas encore l’immense vedette qu’on connaît, Clint Eastwood apparaît ici dans un petit rôle. Il disparaît aussi subitement qu’il est apparu après avoir montré des talents de joueur de base-ball et de lanceur de batte…

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