LILIANE

LILIANE

BABY FACE

Un drame de Alfred E. Green

76  mn

Avec Barbara Stanwyck, George Brent, Donald Cook, Arthur Hohl, John Wayne, Henry Kolker, James Murray, Robert Barrat
Scénario de Gene Markey, Kathryn Scola
D'après Mark Canfield
Musique de Leo F. Forbstein
Photo de James Van Trees
Produit par Raymond Griffith

RESUME
Liliane travaille pour son père dans le bar clandestin d'un quartier ouvrier. Quand il meurt accidentellement, elle décide de partir à New York et de réussir coûte que coûte. Grâce à ses atouts elle deviendra la maîtresse d'un directeur de banque.

COMMENTAIRE
Sur le thème de la femme vénale prête à tout pour réussir, « Liliane » est une réussite et on comprend qu’il a encore maintenant une certaine renommée - incombant peut-être aussi à la présence du toujours populaire John Wayne qu’on découvre ici dans un petit rôle. Portant des coiffures sophistiquées et vêtue de robes qui ne le sont pas moins, Barbara Stanwyck désinvolte et calculatrice, plus belle que jamais, irradie l’écran, une beauté en totale contradiction avec la noirceur du personnage. Elevée dans un milieu ouvrier sordide et triste - symbolisé par des cheminés d’usine crachant d’épaisses fumées noires -, elle décide lorsque plus rien ne la retient dans son ancienne vie, de se hisser dans la société en usant de son irrésistible charme. Matérialisé par un travelling ascensionnel le long de la façade d’un building abritant le siège d’une banque, selon un montage très nerveux typique de la Warner, elle gravit les échelons de la hiérarchie en séduisant les uns après les autres les responsables de l’établissement, rejetant sans scrupule les subordonnés qui lui ont permis d’accéder jusque là. Le drame est inéluctable : les hommes rongés par leur amour pour elle, incapables de maîtriser leur passion, se détruisent. Femme fatale par excellence, véritable prédatrice dépourvue de sentiments, exploitant la faiblesse de la gente masculine, elle inspire à la fois crainte et fascination. Finalement, elle se fera prendre à son propre jeu, ce qui révèlera quelque humanité en elle, et montrera par la même occasion une image plus réconfortante de la femme. « Liliane » est également un bel exemple de ces dénouements abrupts et lapidaires qui clôturent souvent les films à l’époque. Un usage qui donne l’étrange impression qu’on voulait s’en débarrasser au plus vite…

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