LILLY TURNER

LILLY TURNER

LILLY TURNER

Un drame de William A. Wellman

65  mn

Avec Ruth Chatterton, George Brent, Frank McHugh, Guy Kibbee, Robert Barrat, Ruth Donnelly, Marjorie Gateson, Gordon Westcott, Grant Mitchell, Mae Busch
Scénario de Gene Markey, Kathryn Scola
D'après Philip Dunning, George Abbott
Musique de Leo F. Forbstein
Photo de James Van Trees
Produit par Hal B. Wallis

RESUME
Lilly découvre que le beau parleur avec lequel elle s'est mariée est un magicien de foire. Plus tard, alors qu'elle est enceinte elle apprend que l'homme était déjà marié. Par dépit, elle épouse alors le rabatteur de la troupe, un brave alcoolique.

COMMENTAIRE
L’année 1933 est pour William Wellman la plus prolifique de sa carrière. Il ne réalise pas moins de sept films qui vont du chef-d’œuvre au film sans surprise dans l’air du temps. « Lilly Turner » est plutôt à classer dans cette dernière catégorie. Comme nombres de productions de l’époque, l’histoire relate le destin tragique d’une jeune femme qui se marie par amour avec un beau parleur volage. (« Play-Girl », « Madame Butterfly », « La dame et le boxeur » sont quelques-uns des autres films de l’époque jouant avec l’angoisse séculaire de la femme qui, aveuglée par l’amour, fait un choix malheureux et en paye le prix fort). Wellman dresse un tableau sans concession : passées ses premières déceptions, l’héroïne (Ruth Chatterton qui vient de jouer « Jenny Frisco », également un drame, sous la direction du réalisateur) se retrouve mariée à l’alcoolique (Frank McHugh) qui l’a soutenue alors qu’elle était enceinte d’un autre ; elle évolue dans le milieu minable des bonimenteurs et est harcelée par tous les hommes qui l’entourent ; elle s’éprendra bien d’un ingénieur (George Brent) mais, incapable de se résoudre à quitter le mari qui l’a aidée jadis, elle ne pourra rejoindre son amant ; finalement, loin du happy end de rigueur, la dernière image laisse présager un avenir plus sombre encore. Plus que le sort, c’est la conscience qui maintient les protagonistes dans leur malheur. Ajoutons qu’on assiste à quelques scènes de suspense et de terreur - rares dans l’œuvre de Wellman : un dangereux aliéné s’évade de sa clinique avec l’intention de retrouver l’héroïne qu’il aime. En montage parallèle, Wellman filme la quête de l’homme, tandis que les autres protagonistes sont insouciants, à l’exception du mari qui tente en vain de les alerter.

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