LITTLE OLD NEW YORK

LITTLE OLD NEW YORK

LITTLE OLD NEW YORK

Un film biographique de Henry King

101  mn

Avec Alice Faye, Fred McMurray, Richard Greene, Brenda Joyce, Andy Devine, Henry Stephenson, Fritz Feld, Ward Bond, Theodore Von Elz, Arthur Aylesworth, Virginia Brissac, Stanley Andrews
Scénario de Harry Tugend
D'après John L. Balderston
Musique de Alfred Newman
Photo de Leon Shamroy
Produit par Darryl Francis Zanuck

RESUME
Au début du 18ème siècle, un inventeur débarque à New York avec la ferme intention de construire le bateau à vapeur qu'il a conçu en Europe. La tavernière où il loge, un constructeur de bateau et un notable l'aideront à réaliser son projet.

COMMENTAIRE
Après avoir relaté l’année précédente dans « Et la parole fut », les exploits de l’inventeur du téléphone, la Fox entreprend maintenant de rendre hommage à un autre inventeur américain, celui qui mit au point le bateau à aubes. (Traduisant l’engouement du cinéma américain pour les inventeurs illustres, les nationaux en particulier, la même année, la MGM produit deux films sur la vie de Thomas Edison). Encore une fois, Hollywood construit son récit autour de quelques faits historiques marquants. Pour répondre à ses conventions et satisfaire à ses besoins de romanesque, il invente tout le reste au point qu’on ne peut être qu’amusé par la distance qui sépare sa version de celle des historiens. Historiquement, la partie la plus intéressante de la vie de Robert Fulton se situe en Europe où en 1803, après des échecs, il fait fonctionner le premier bateau à vapeur sur la Seine. Comme agacé qu’un Américain ait mis au point son invention en Europe, comme si elle avait voulu exhorter la fierté nationale, la Fox choisit de débuter l’histoire de son héros en 1807 lorsqu’il revient en Amérique. Affirmant que la dernière expérience de Fulton sur la Seine s’était conclue par une explosion - ce qui est faux -, le film relate les aventures d’un inventeur pugnace qui, revenu à New York, se bat pour imposer une idée dont il ne connaît pas lui-même le résultat. Ceci étant, « Little Old New York » est l’une des plus importantes et intéressantes productions que le studio entreprendra en cette année 1940. Par quelle magie parvient-il à présenter en vue aérienne le port de New York tel qu’il devait se présenter au 18ème siècle ? Les nombreux trois-mâts, les matelots qui s’activent sur le pont des bateaux, la vie sur les quais, les maisons en briques qui donnent sur le port, la reconstitution du lieu est effectivement saisissante. Assurée par Henry King, l’un des meilleurs réalisateurs du studio, la mise en scène est à la hauteur de cette ambition. Que ce soit Ward Bond dans le rôle de la brute épaisse ou Andy Devine dans celui d’un commodore admirateur de l’héroïne, les seconds rôles sont aussi attrayants que les personnages principaux. Ajoutons néanmoins que ces derniers, en particuliers l’inventeur incarné par Richard Greene, auraient sans doute gagné à être joués par des acteurs plus charismatiques. King semble également exploiter ici son sens de l’humour plus qu’à l’habitude. Outre ce Noir facétieux qui trouve le moyen de boire secrètement le rhum de sa patronne sans que celle-ci ne parvienne à le confondre, on assiste à une scène assez insistante, que le cinéaste semble avoir pris un malin plaisir à tourner, où une tenancière déguste longuement du rhum jusqu’à embrasser son mari sans raison.

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