LE PACTE

LE PACTE

LLOYD'S OF LONDON

Un film historique de Henry King

113  mn

Avec Freddie Bartholomew, Madeleine Carroll, Sir Guy Standing, Tyrone Power, C. Aubrey Smith, Virginia Field, Douglas Scott, George Sanders, J. M. Kerrigan, Una O'Connor, Forrester Harvey, Gavin Muir, E.E. Clive, Miles Mander, Montagu Love, Arthur Hohl, Lumsden Hare, Murray Kinnell, Billy Bevan, Ivan Simpson
Scénario de Ernest Pascal, Walter Ferris
D'après Curtis kenyon
Musique de Louis Silvers
Photo de Bert Glennon
Produit par Darryl Francis Zanuck

RESUME
Au 18ème siècle, deux enfants surprennent des armateurs en train de monter une escroquerie à l'assurance. L'un part à Londres pour les dénoncer, tandis que l'autre s'engage comme matelot dans la marine. Le premier deviendra coursier, le deuxième amiral.

COMMENTAIRE
Mis en scène par l’un des réalisateurs le plus en vue du studio, bénéficiant d’une distribution pléthorique (une « mammoth cast ») et d’une splendide reconstitution d’époque, « Le pacte » est l’une des plus importante productions Fox de l’année 1937. Mais alors que ce type de film puise habituellement ses thèmes dans la littérature romanesque, on exploite ici un sujet qui, sur le papier, n’a rien d’engageant : le destin d’un courtier en assurance. On se rappelle que deux ans auparavant Darryl Francis Zanuck avait eu l’idée de retracer la vie d’une famille de banquiers, les Rothschild, et que cela lui avait été bénéfique. Comme le fera la Warner avec ses films sur les hommes illustres, Zanuck, fort de ce succès, n’aura en fait de cesse d’entreprendre de grosses productions dont les héros sont des administrateurs entreprenants ; ce sera celui d’un consul français, Ferdinand Lesseps, dans « Suez » sorti en 1939. C’est ainsi qu’en dépit de la profession peu engageante du personnage principal, la Fox décide de retracer avec d’importants moyens la vie d’un assureur. Plus surprenant encore, elle donne son aval à un scénario qui s’articule autour d’enjeux politiques et commerciaux peu propices, a priori, à intéresser un spectateur venu voir une superproduction. Pourtant, porté par une mise en scène intelligente, un Tyrone Power attachant et finalement une histoire bien construite, cet épisode de la maison Lloyd de Londres, qui aurait conduit à la victoire anglaise à Trafalgar, se découvre avec intérêt. L’admiration ne se situe pas dans des actes physiques de bravoure, mais dans la pugnacité du héros à tenir une parole et à s’accrocher à ce qui semble salvateur pour son pays. Ajoutons à ce sujet que l’histoire fait appel à une prédestinée et à une amitié indéfectible qui apportent une dimension exaltante et poétique au récit. Donnant son titre français au film, transcendant également de beaux films comme « Peter Ibbetson » et « Beau Geste », c’est effectivement une promesse faite étant enfant qui oriente les décisions et les destinées du héros, une promesse tenue par delà le temps qui conduit à une fin d’une fulgurance indéniable. Plus prosaïquement, Power - qui frappe par sa jeunesse - joue là son premier grand rôle au cinéma. Bien qu’il soit relégué à la quatrième place au générique, dans les faits il incarne le rôle principal ; Freddie Bartholomew, en tête d’affiche, ne faisant qu’une modeste apparition au début du film dans le rôle du héros enfant. Ceci s’explique que Power est un quasi inconnu lorsque « Le pacte » est tourné, alors que Bartholomew, après des œuvres comme « David Copperfield » et « Le petit Lord de Fauntleroy » était devenu une véritable vedette, de même que Madeleine Carroll qui avait été remarquée dans quelques chefs-d’œuvre d’Alfred Hitchcock.

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