MA VACHE ET MOI

MA VACHE ET MOI

GO WEST

Un film burlesque de Buster Keaton et de Lex Neal

69  mn

Avec Buster Keaton, Howard Truesdall, Kathleen Myers, Ray Thompson, Joe Keaton
Scénario de Raymond Cannon
D'après Buster Keaton, Lex Neal
Photo de Elgin Lessley, Bert Haines
Produit par Joseph M. Schenck

RESUME
Sans travail, Buster décide de partir pour l'Ouest. Après quelques péripéties, il parvient dans un ranch où il demande à être embauché. Plus tard, il se liera d'amitié avec une vachette à laquelle il aura retiré un caillou coincé dans son sabot.

COMMENTAIRE
En cette année 1925, l’œuvre de Buster Keaton est incontestablement marquée du sceau de la misogynie. Après « Les fiancées en folie », où l’on découvrait des hordes de harpies courir après le pauvre Buster, on retrouve ici - en allusion à la séquence d’anthologie de ce précédent film -, un troupeau de vaches poursuivre le héros dans les rues de Los Angeles. Même si la course poursuite est une constante dans l’œuvre de Keaton - ainsi que dans le cinéma burlesque d’ailleurs - (en 1922, ce sont déjà des sections entières de policiers qui sont à ses trousses dans « les flics »), on ne peut s’empêcher d’établir un lien entre les femmes et les vaches qui composent la scène de bravoure des deux films. Les structures sont si étonnamment similaires qu’elle paraissent former une continuité. (Les deux séquences se répondent comme le font le plan des poules et celui des mégères dans « Furie » réalisé par Fritz Lang en 1936). Ainsi, la gente féminine est réduite à un troupeau de bovins, confirmant l’animosité envers les femmes qui transparaissait déjà clairement dans « Les fiancée en folie ». De la même manière, alors que dans tous ses longs métrages, Keaton s’éprend d’une jeune fille qui motive ses interventions héroïques, ici il se prend d’amitié pour une vachette, allant jusqu’à délaisser la fille du patron ! Comble de la misogynie, scène cruelle s’il en est, Keaton choisit la vache plutôt que la fille en récompense de ses actions d’éclat. Les deux films sont de toute évidence un défouloir à ce qu’il vivait avec sa belle famille à ce moment-là. Envers de la médaille, cette amitié entre l’homme et l’animal, une vachette en l’occurrence, conduit à des gags peu exaltants, tels que cette vache qui s’interpose entre un taureau et Buster, ou encore lorsque cette même vache est grimée en cerf pour effrayer un troupeau. Ajoutons tout de même que les paysages désertiques de l’Ouest américain, très présents ici, sont attrayants. Mais une nouvelle fois, c’est bien la longue séquence finale qui retient l’attention et forme le principal attrait du film. Pendant près d’une vingtaine de minutes, faisant preuve d’une imagination fertile, présentant une nouvelle idée à chaque plan, Keaton offre le spectacle d’un troupeau de bovins traversant une agglomération avec tout ce que cela peut engendrer de désordre et de panique. Non content de relever un véritable défi en tournant réellement en pleine ville avec un nombre important de têtes de bétail, il place sa caméra et compose le montage afin d’exalter le comique et l’incongruité de cette situation hors du commun.

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