LE MAGICIEN D'OZ

LE MAGICIEN D'OZ

THE WIZARD OF OZ

Une comédie musicale de Victor Fleming

98  mn

Avec Judy Garland, Frank Morgan, Ray Bolger, Bert Lahr, Jack Haley, Billie Burke, Margaret Hamilton, Charley Grapewin, Clara Blandick
Scénario de Noël Langley, Florence Ryerson, Edgar Allan Woolf
D'après L. Frank Baum
Musique de Herbert Stothart
Photo de Harold Rosson
Produit par Mervyn LeRoy

RESUME
@M.Lors d'un ouragan, une jeune fille est heurtée à la tête par une fenêtre. Elle bascule alors dans un monde merveilleux où elle retrouve sous des formes diverses, un épouvantail, un lion, une sorcière, une représentation des personnes de son quotidien.

COMMENTAIRE
Six ans auparavant la Paramount avait bien tenté d’expérimenter le film onirique avec « Alice au pays des merveilles » ; en 1935 avec « Songe d’une nuit d’été » c’était la Warner qui s’y était essayée. Or le résultat avait été invariablement ennuyeux malgré les ambitions affichées et le travail novateur qui avait été effectué. En 1939, la MGM choisit elle aussi de tenter l’aventure du film onirique : se sera cette fois avec un immense succès. Au lieu d’adapter des monuments de la littérature mondiale que sont les ouvrages de Lewis Carroll et de Shakespeare, elle opte pour une œuvre populaire sortie en Amérique en 1900, The Wonderful Wizard of Oz. Cette œuvre, allégorie des problèmes économiques de l’époque, vite devenue un classique de la littérature enfantine, avait déjà fait l’objet d’un long métrage en 1925. (Très librement adapté par Larry Semon, « Le prince qu’on sort » relève surtout du Slapstick et souffre d’une mise en scène sommaire). De toute évidence, le studio au lion souhaite frapper un grand coup en adaptant cette histoire. Il engage pour le projet l’un de ses plus talentueux réalisateurs, celui-là même qui réalisera quelques mois plus tard « Autant en emporte le vent », donne le rôle principal à Judy Garland, sa plus prometteuse vedette, et surtout décide de tourner la plus grande partie du film en Technicolor. Comparée aux autres studios hollywoodiens, la MGM a pris du retard avec la couleur lorsqu’elle entreprend le « Magicien d’Oz ». Avant 1939, alors que la plupart des firmes ont produit plusieurs films en Technicolor, la MGM n’a guère à son actif que « Amants » de Woody S. Van Dyke. L’utilisation de la couleur reste donc un événement pour elle, un événement qu’elle exploite ici de façon différente de ses consœurs. En effet, au lieu d’aller tourner au milieu de paysages magnifiques, comme le font la plupart des autres maisons de production, elle reste cantonnée dans ses studios et valorise la couleur au travers de vastes décors chatoyants - également à travers une galerie de costumes tous plus délirants les uns que les autres. Se prêtant parfaitement au thème, ce choix explique en partie la place qu’a prise cette œuvre dans l’histoire du cinéma. En associant pour la première fois la couleur à un univers aussi merveilleux qu’éblouissant, le « Magicien d’Oz » devint l’œuvre emblématique du cinéma de l’imaginaire. Cet aspect est encore souligné par l’utilisation ciblée du Technicolor dans les séquences se déroulant au pays d’Oz, laissant en noir et blanc sépia celles qui représentent le quotidien. Vient aussi s’ajouter l’artificialité de la comédie musicale, rendant le film plus merveilleux encore. Outre cette alchimie du décor et de la couleur, de l’histoire qui ravit les enfants, « Le magicien d’Oz » doit son succès aux numéros musicaux et aux chansons qui l’émaillent. Gratifié de l’Oscar de la meilleure partition originale, le travail de Herbert Stothart demeure effectivement inoubliable.

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