MARIE STUART

MARIE STUART

MARY OF SCOTLAND

Un drame historique de John Ford

124  mn

Avec Katharine Hepburn, Fredric March, Florence Eldridge, Douglas Walton, John Carradine, Robert Barrat, Gavin Muir, Ian Keith, Moroni Olsen, Ralph Forbes, Alan Mowbray, Frieda Inescort, Donald Crisp, David Torrence, Molly Lamont, Monte Blue, Brandon Hurst, Wilfred Lucas, Frank Baker, Doris Lloyd, Robert Warwick, Murray Kinnell, Lawrence Grant, Ivan Simpson, Nigel De Brulier, Walter Byron, Wyndham Standing, Earle Foxe, Paul McAllister, Lionel Belmore, Gaston Glass
Scénario de Dudley Nichols
D'après Maxwell Anderson
Musique de Nathaniel Shilkret
Photo de Joseph H. August
Produit par Pandro S. Berman

RESUME
Après de nombreuses années passées en France, Marie Stuart revient en Ecosse où elle est accueillie froidement par le régent et ses Lords. Mais le peuple étant favorable au retour de la reine, ils n'auront d'autre choix que de lui céder le trône.

COMMENTAIRE
Lorsqu’on consulte la filmographie de Pandro S. Berman on constate que la plupart des films qu’il produit à la RKO, où il officie entre 1932 et 1939, ont pour héros des femmes. Ces héroïnes sont campées par Constance Bennett (« What Price Hollywood », « Bed of Roses »), Irene Dunne (« Ann Vickers »), Bette Davis (« L’emprise »), mais surtout par Katherine Hepburn qui, avec Ginger Rogers, est la vedette féminine la plus fidèle et la plus représentative du studio dans les années trente. A cette époque, la plupart des films de l’actrice sont produits par un Berman qui voit en elle l’incarnation de la femme émancipée, indépendante, capable, tout en restant féminine, de se libérer du joug de l’homme pour prendre son destin en main. Il était donc naturel de lui offrir le rôle de cette femme historique, Marie Ière d’Ecosse, qui a payé de sa vie le fort ascendant qu’elle avait sur la vie politique de son époque. Sous la plume de Dudley Nichols elle devient un être sensible et déterminé qui ne craint pas de s’opposer à ses sujets et aux intentions de sa cousine Elisabeth Ière - interprétée par une Florence Eldridge surprenante, dont le jeu annonce celui de Bette Davis qui excellera à deux reprises dans ce rôle. Elle n’en est pas moins broyée par le système qui fait prendre à son destin une tournure tragique, d’autant plus tragique qu’elle semble n’avoir agi que par amour. Ceci étant, le résultat est hélas plutôt décevant comme l’avait déjà été « Les trois mousquetaires » produit par la RKO l’année précédente et également écrit par Dudley Nichols. Ces films historiques sont de toute évidence trop ambitieux pour un studio qui n’a pas les moyens de traiter avec panache un tel sujet. Si les quelques décors présentent bien, si les costumes sont splendides, cela ne suffit pas à mettre en perspective un tel destin et de répondre aux attentes que suggère une histoire de ce type. Plus que les ridicules dessins de châteaux présentés pour situer l’action, ou ces armées qui défilent dans des cours minuscules, ce sont les dialogues pompeux, et ce côté statique et étriqué qui viennent gâter l’ensemble. John Ford tente bien de faire varier les plans, de souligner les intentions par des effets appropriés (contre-plongée, gros plans, jeu de lumière), mais il semble malgré tout impuissant à insuffler une force à ce récit. Ne lui facilitant pas la tâche, Hepburn (avec qui il aura une relation durant le tournage) a des attitudes maniérées qui la rendent parfois crispante. S’ajoute à cela le fait que Ford n’est pas à l’aise avec le drame historique qu’il ne traite finalement pas mieux qu’un autre. Sa force étant avant tout dans le traitement des rapports humains authentiques, on comprend qu’il ait des difficultés à rendre percutante cette noblesse qui ne fonctionne qu’à travers l’hypocrisie, les intrigues et les faux-semblants.

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