LE MARQUIS DE SAINT-ÉVREMOND

LE MARQUIS DE SAINT-ÉVREMOND

A TALE OF TWO CITIES

Un mélodrame de Jack Conway

121  mn

Avec Ronald Colman, Elisabeth Allan, Edna May Oliver, Basil Rathbone, Blanche Yurka, Reginald Owen, Donald Woods, Henry B. Walthall, Claude Gillingwater, Walter Catlett, H. B. Warner, Fritz Leiber, Mitchell Lewis, Isabel Jewell, Tully Marshall, Billy Bevan, E.E. Clive, Robert Warwick, Lawrence Grant
Scénario de W.P. Lipscomb, S.N. Behrman
D'après Charles Dickens
Musique de Herbert Stothart
Photo de Oliver T. Marsh
Produit par David O. Selznick

RESUME
A l'aube de la Révolution française, un jeune homme épouse la fille d'un médecin anglais emprisonné à la Bastille durant 18 ans par la faute d'un marquis haï par la population pour sa cruauté, et qui n’est autre que l'oncle du jeune homme.

COMMENTAIRE
Quand on parle des grandes productions de David O. Selznick on cite souvent « Autant en emporte le vent » et « Duel au soleil » mais rarement celle-ci. Pourtant ce « Marquis de Saint-Evremond » est un remarquable premier coup d’essai, même s’il n’est pas l’œuvre d’un producteur indépendant comme le sont les deux autres films. Rarement dans l’histoire du cinéma, une prise de la Bastille aura été aussi édifiante. Une vaste foule formée d’une multitude de figurants attaque la fameuse prison reconstituée de façon convaincante. De la même façon, les rues pauvres de Paris et la place populeuse où ont lieu les exécutions capitales sont saisissantes. D’après le générique, ces scènes ont été supervisées par Val Lewton et Jacques Tourneur - qui se retrouveront huit ans plus tard à la RKO pour tourner les films fantastiques novateurs qu’on connaît. Ajouté à cela, l’intrigue romanesque tiré d’un roman de Dickens, (la même année la MGM adaptera « David Copperfield ») où les héros sont confrontés aux affres de la Révolution française est à la hauteur de l’ambition affichée. La Révolution française nous est décrite sans complaisance : la populace est aussi odieuse que ne l’étaient les aristocrates. En situant les héros plutôt dans le camp des aristocrates, l’histoire semble condamner la Révolution. En tous cas, on comprend parfaitement pourquoi une partie de cette période de l’histoire de France est appelée la Terreur. Mais le plus attachant reste le personnage alcoolique, tourmenté et désabusé qu’interprète Ronald Colman. « Peut-être recevrai-je ce que je n’ai jamais eu… Un sanctuaire dans le cœur de ceux que j’aime. ». Derrière son air détaché et désintéressé, en vérité il recherche l’amour qu’il n’a jamais eu. N’ayant rien à perdre, désirant à tout prix accéder à ce sanctuaire, considérant que seul l’altruisme le permet, il va finalement se sacrifier pour que d’autres vivent. Ce sera dans sa mort qu’il trouvera enfin un sens à sa vie.

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