LA MASCOTTE DU RÉGIMENT

LA MASCOTTE DU RÉGIMENT

WEE WILLIE WINKIE

Un film d'aventures de John Ford

99  mn

Avec Shirley Temple, Victor McLaglen, Cesar Romero, C. Aubrey Smith, June Lang, Michael Whalen, Constance Collier, Douglas Scott
Scénario de Ernest Pascal, Julian Josephson
D'après Rudyard Kipling
Musique de Louis Silvers
Photo de Arthur Miller
Produit par Darryl Francis Zanuck

RESUME
En 1897, une jeune veuve accompagnée de sa fille rejoint son beau-père en Inde. Le vieil homme, colonel autoritaire, commande une garnison en poste dans une contré hostile. Un de ses sergents se liera d'amitié avec sa petite fille.

COMMENTAIRE
Avant tout mascotte de la Fox, Shirley Temple se devait de jouer sous la direction de John Ford, le plus talentueux réalisateur du studio. Etant elle-même la plus grande vedette maison, l’entreprise se voulait prometteuse. Et pour augmenter encore les chances de succès, Darryl Francis Zanuck ne lésine pas sur les moyens : tournage en extérieur, reconstitution d’une garnison d’Ecossais et d’un quartier indien, il fait de cette production sa plus importante de l’année. Mais finalement tout cela ne donne qu’une œuvre gentille qui se plie aux exigences du film familiale dont la principale caractéristique est de dégager des sentiments mièvres. L’œil ironique de Ford est à peine décelable dans la peinture qu’il fait de la vielle rombière désirant marier sa fille à un officier. On le sait méprisant ces femmes bien-pensantes, mesquines et rabat-joie, mais il fait celle-ci si ordinairement méchante (elle frappe un chiot !) que son propos perd de sa pertinence. On retrouve d’autres constantes fordiennes, une scène de bal - furtive -, la colonne des soldats qui quitte le fort devant des épouses inquiètes, ou encore Victor McLaglen qui joue son huitième film avec le cinéaste, mais cela ne suffit jamais à transcender l’esprit du film. Car aucun risque n’est pris et Temple - qui a neuf ans ici - interprète une nouvelle fois une petite fille modèle qui fait la leçon aux adultes. Elle va jusqu’à éviter une guerre… Il est évident qu’un tel personnage pétri de tant de bons sentiments est trop simpliste pour donner à Ford les moyens de faire un grand film. Cela étant, il n’en demeure pas moins l’un des meilleurs « Temple » enfant (enfant, car à vingt ans elle retrouvera Ford sur le plateau d’un film plus intéressant, « Le massacre de fort Apache ») parce que Ford parvient à rendre parfaitement supportable des séquences comme la mort du sergent interprété par McLaglen, qui seraient certainement devenues affreusement larmoyantes entre les mains de tout autre réalisateur.

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