MASQUES DE CIRE

MASQUES DE CIRE

THE MYSTERY OF THE WAX MUSEUM

Un film fantastique de Michael Curtiz

77  mn

Avec Lionel Atwill, Fay Wray, Glenda Farrell, Allen Vincent, Frank McHugh, Gavin Gordon, Edwin Maxwell, Claude King, Arthur Carewe, Thomas E. Jackson, Matthew Betz
Scénario de Don Mullaly, Carl Erickson
D'après Charles S. Belden
Musique de Leo F. Forbstein
Photo de Ray Rennahan, Dick Towers
Produit par Henry Blanke

RESUME
Rendu infirme après avoir été atrocement brûlé à la suite d'un incendie criminel qui a ravagé son musée de cire à Londres, un sculpteur reconstitue sa collection à New York, quelques années plus tard, en versant de la cire sur de vrais modèles.

COMMENTAIRE
Plus profonds, les bleus remplacent les gris, un aspect qui rappellerait la pellicule teintée du cinéma muet s’il n’y avait pas des rouges et des roses pour donner une touche particulière. Quand on évoque le Technicolor bichrome, trois films de long métrage sont souvent cités, « The Toll of the Sea » qui inaugure le procédé en 1922, « Le pirate noir » avec Douglas Fairbanks, et ce « Masque de cire ». D’autres films utilisent ce type de pellicule (« Le fantôme de l’opéra » (1925), « Les anges de l’enfer » (1930)) mais c’est souvent dans de courtes séquences car cette technologie particulièrement onéreuse augmente rapidement les coûts de production. Sorti deux ans avant l’émergence du Technicolor trichrome - qui remporte un franc succès à l’inverse de son ancêtre -, « Masque de cire » est certainement le dernier et le plus abouti des films de long métrage ayant profité du Technicolor bichrome : il bénéficie d’une part des évolutions du procédé, et d’autre part du savoir faire d’un réalisateur talentueux, s’ajoute à cela le fait que c’est l’un des seuls films de ce type à être parlant. Réunis de façon exceptionnelle, tous ces éléments qui rejaillissent sur l’atmosphère générale de l’histoire aboutissent à une œuvre unique dans l’histoire du cinéma. Inspirés, les producteurs de la Warner choisissent de mettre ces éléments aux service d’un genre particulièrement en vogue au début des années trente, le fantastique. En effet, l’absence de jaune - propre au bichrome - confère à la photo un aspect étrange et artificiel qui se marie parfaitement avec un genre qui joue avec l’imaginaire et le surnaturel. Par son travail sur la lumière, sur les ombres, sur les décors également, Michael Curtiz (aidé de Ray Rennahan, l’un des pères du Technicolor) apporte à l’ensemble une forme expressionniste pertinente. D’autre part, loin d’être ridicule, son monstre est particulièrement convainquant. Il n’en demeure pas moins que, comme « Doctor X » sorti l’année précédente et également tourné en Technicolor par Curtiz, le film est émaillé de scènes de comédie venant rompre la tension. La Warner entreprendra un remake du film vingt ans plus tard, la nouveauté sera alors l’image 3D.

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