UN MATIN COMME LES AUTRES

UN MATIN COMME LES AUTRES

BELOVED INFIDEL

Un drame de Henry King

123  mn

Avec Deborah Kerr, Gregory Peck, Eddie Albert, Philip Ober, Herbert Rudley, John Sutton, Karin Booth, Ken Scott
Scénario de Sy Bartlett
D'après Sheilah Graham
Musique de Franz Waxman
Photo de Leon Shamroy
Produit par Jerry Wald

RESUME
Une journaliste réputée pour sa franchise se voit proposer par un grand journal la rédaction d'une chronique sur Hollywood. Là, elle rencontre Scott Fitzgerald qui travaille à l'écriture de scénarios. Ils s'éprennent l'un de l'autre.

COMMENTAIRE
Henry King achève ainsi sa longue carrière avec deux films faisant référence à la vie et à l’œuvre de F. Scott Fitzgerald : le premier, celui-ci, tiré d’une autobiographie de l’ultime compagne de l’artiste, Sheilah Graham, et le dernier, « Tendre est la nuit », une adaptation d’un de ses romans. Cette biographie conte les dernières années de Fitzgerald et se concentre essentiellement sur les relations amoureuses entre lui et Graham. Le traitement de cette histoire d’amour est très conventionnelle et ne serait pas aussi attachante si elle ne concernait pas l’un des plus grands auteurs américains, et ne renvoyait pas à une réalité historique. L’adaptation de Sy Bartlett est en deçà de ce qu’elle aurait pu être : l’alcool, les abus, l’aspect tourmenté du personnage est traité avec une retenue typiquement hollywoodienne. Il est curieux d’ailleurs qu’un scénariste qui a surtout travaillé aux scénarios de films virils, (« Les marins de l’Orgueilleux », « Un homme de fer », « Les grands espaces ») écrive une histoire sentimentale ! Rappelons toutefois qu’il fonde en 1956, avec Gregory Peck, une maison de production et qu’il est souvent au générique des films de l’acteur en tant que scénariste ou producteur. « Un matin comme les autres » se déroule entre 1936 à 1940, année de la mort de Fitzgerald. C’est l’époque où, endetté, il tente de gagner sa vie à Hollywood en écrivant des scénarios. On y découvre comment ses talents de scénariste sont remis en cause. Dans les faits, il participa à de nombreux scénarios à la MGM, tels que « Femmes » ou « Autant en emporte le vent », pour n’avoir en définitif son nom qu’à un seul : « Trois camarades » de Frank Borzage. Le film nous montre aussi comment, après chaque échec, il sombra à nouveau dans l’alcool et fit le vide autour de lui, et comment, à la fin de sa vie, il se consacra à la rédaction du « Dernier Nabab », un portrait très personnel d’Irving Thalberg. Ces éléments biographiques, qui laissent deviner des tourmentes essuyées par l’écrivain, font prendre un peu d’altitude à cette histoire d’amour trop sagement traitée.

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