AU PAYS DU RÊVE

AU PAYS DU RÊVE

GOING HOLLYWOOD

Une comédie musicale de Raoul Walsh

78  mn

Avec Marion Davies, Bing Crosby, Fifi D'Orsay, Stuart Erwin, Ned Sparks, Patsy Kelly, Bob Watson, Henry Armetta
Scénario de Donald Ogden Stewart
D'après Frances Marion
Musique de Nacio Herb Brown, Arthur Freed
Photo de George J. Folsey
Produit par Walter Wanger

RESUME
Dans un collège pour filles, une enseignante de français qui rêve d'une vie en musique, quitte son poste pour rejoindre le crooner qu'elle écoute à la radio. Celui-ci est sur le point de partir pour Hollywood où il doit tourner un film.

COMMENTAIRE
Surtout à l’aise dans les films d’action - et plus particulièrement lorsqu’ils sont estampillés « Warner » -, Raoul Walsh réalise dans les années trente, au sein de divers studios, une demi douzaine de comédies musicales qui n’ont pas laissé un grand souvenir. « Au pays du rêve » est la première de celles-ci et demeure probablement la plus connue, essentiellement grâce à la présence du couple vedette formé de Marion Davies et Bing Crosby. C’est la première fois que Walsh travaille pour la MGM, un studio pour lequel il n’eut jamais vraiment d’affinité. Il n’y reviendra que deux fois par la suite, en 1935 et en 1952, pour tourner des films toujours mineurs. Concernant « Au pays du rêve », le résultat est également assez quelconque. Le film est dépourvu de ces somptueuses chorégraphies qui font l’attrait de la plupart des comédies musicales de cette année 1933, on pense en particulier à celles de Busby Berkeley, mais aussi à celle de Thornton Freeland dans « Carioca ». Il y a bien un final, mais il est bref, et hormis un orchestre placé en amphithéâtre, formant un véritable mur, rien n’y est visuellement enthousiasmant. On trouve également des numéros dansés dans une gare ou lors d’une répétition, mais ils relèvent plus du mouvement de foule que de la composition chorégraphique proprement dite. Finalement, le seul numéro qui présente quelque intérêt se déroule à la campagne au milieu des meules de foin. En fait, le film met surtout en valeur les deux vedettes, et, tandis que Crosby ne cesse d’entonner des airs larmoyants, Davies interprète la sempiternelle nymphette qui, partie de rien, accède au vedettariat. Notons que parmi les cabotinages de celle-ci, parfois assimilables à de l’espièglerie, on trouve une imitation amusante de Fifi d’Orsay. (Elle n’est pas à son premier coup d’essai puisque déjà en 1928 dans une « Une gamine charmante » elle imitait Lilian Gish et Paula Negri). Se situant à Hollywood, l’histoire relate en toile de fond et de façon légère les tensions entre un producteur et son réalisateur, ce dernier étant le moins sympathique des deux… Ajoutons que la France, dont Crosby tente d’apprendre la langue, est une nouvelle fois mise à l’honneur (sorti la même année, « Sérénade à trois » fait également référence à la France), rappelant à quel point l’image de l’Hexagone fascinait alors.

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