MEURTRE AU CHENIL

MEURTRE AU CHENIL

THE KENNEL MURDER CASE

Un policier de Michael Curtiz

73  mn

Avec William Powell, Mary Astor, Eugene Pallette, Ralph Morgan, Robert McWade, Robert Barrat, Frank Conroy, Etienne Girardot, James Lee, Paul Cavanaugh, Arthur Hohl, Helen Vinson, Jack LaRue
Scénario de Robert N. Lee, Peter Milne
D'après S.S. Van Dine
Musique de Leo F. Forbstein
Photo de William Reese
Produit par Robert Presnell

RESUME
Un riche collectionneur qui s'était fait de nombreux ennemis est retrouvé mort dans une chambre close fermée de l'intérieur. La police conclut au suicide, mais le célèbre détective Philo Vance n'y croit pas, une certitude confirmée par le médecin légiste.

COMMENTAIRE
Après « Private Detective 62 », sorti quelques mois auparavant, William Powell endosse une nouvelle fois, sous la direction de Michael Curtiz, l’habit de détective. Les deux hommes servent cette fois-ci une intrigue qui peut être considérée comme un modèle d’enquête policière. Outre le meurtre en chambre close, qui fascina déjà les pères le l’intrigue policière - Edgar Allan Poe et Gaston Leroux -, et le meurtre parfait perçu comme un graal inaccessible, l’histoire respecte les grandes règles du roman policier. Et ce n’est certainement pas un hasard si c’est S. S. Van Dyne, le père de Philo Vance, qui publia en 1928, dans « The American Magazine », les 20 règles qui régissent le crime d’auteur. A partir d’indices matériels et psychologiques - que le spectateur découvre en même temps que le détective -, Vance tente de résoudre une série de meurtres. L’apparition d’éléments inconciliables pimente l’intrigue, rendant sa résolution plus difficile encore à concevoir ; une intrigue d’autant plus remarquable que ces éléments qui semblent incompatibles entre eux, finissent par former une suite d’actions parfaitement cohérentes. Powell, particulièrement convainquant dans le rôle de Vance - qu’il avait déjà incarné en 1929 -, présente chaque indice et dévoile rapidement ses certitudes. Evidemment, certains événements sont tellement exceptionnels qu’il est le seul à pouvoir les imaginer pour résoudre le problème ! Curtiz se plie parfaitement à l’approche didactique que ce type d’histoire réclame. Il ponctue par exemple son film d’une succession de gros plans des différents suspects pour asseoir les convictions du héros, aligne les images détaillées sur une fermeture de porte pour accompagner les explications de celui-ci, ou plus exceptionnel encore, il permet à Powell de s’aider de maquettes d’immeubles (qui servirrent à réaliser des travelling compliqués) pour illustrer ses propos. Par ailleurs, le placement et la mobilité de sa caméra sont tels qu’ils font oublier l’aspect théâtral trop souvent liés aux films se déroulant dans un lieu clos comme ici. Ajoutons qu’on retrouvera dans « From Headquarter », sorti la même année, le même mémorable inspecteur sot campé par Eugene Palette.

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