AU REVOIR MR. CHIPS

AU REVOIR MR. CHIPS

GOODBYE, MR. CHIPS

Une comédie dramatique de Sam Wood

110  mn

Avec Robert Donat, Greer Garson, Terry Kilburn, John Mills, Paul Henreid, Judith Furse, Milton Rosmer
Scénario de R.C. Sherriff, Claudine West, Eric Maschwitz
D'après James Hilton
Musique de Louis Levy
Photo de Frederick A. Young
Produit par Victor Saville

RESUME
@A.Dans une prestigieuse école anglaise, un professeur revoit 63 ans de sa vie passée au service des élèves. Il est arrivé dans l'établissement lors de la bataille de Sedan et en devient proviseur lors la Première Guerre mondiale.

COMMENTAIRE
Pour ce film, Robert Donat remporte l’Oscar du meilleur acteur, altérant quelque peu l’hégémonie de « Autant en emporte le vent » qui rafle cette année-là toutes les autres récompenses majeurs décernées par l’Academy Awards. (C’est Clark Gable qui en fera les frais en ne remportant pas la précieuse statuette pour son interprétation de Rhett Butler). Ce vieux professeur timide et gauche qui revoit sa longue carrière au service des élèves d’une grande école anglaise, inspire, il est vrai, une sympathie, dégage un charme particulier. Son altruisme, sa tendresse, sa gentillesse ne peuvent laisser insensible - d’autant qu’il nous rappelle ces professeurs généreux qui habitent nos souvenirs d’enfance. Incarnant durant la plus grande partie du film un personnage âgé alors qu’il n’a que trente-quatre ans lors du tournage, Donat est fatalement grotesque. Mais loin de lui porter préjudice, cette transformation lui donne l’occasion de jouer un rôle de composition toujours impressionnant lorsqu’il est assuré par un acteur de sa trempe. Sa démarche de pingouin, son allure voûtée, ses gestes hésitants, son regard perdu forment finalement une caricature attendrissante. Car autre attitude excessive mais non moins séduisante chez ce personnage : sa douceur. Il demeure immuablement calme et affable malgré des enfants insolents qui le chahutent, des supérieures qui le privent d’un poste convoité, d’un destin qui lui enlève sa femme et son enfant. Nous sommes dans le registre du souvenir, de la nostalgie, et à ce titre on comprend que les personnages et les évènements soient idéalisés, qu’un angélisme entoure l’histoire. Produit par la filiale anglaise de la MGM, le film se caractérise également par un agréable ton british, ce qui ne l’empêcha pas de remporter un succès aussi important qu’inespéré en Amérique : c’est après « Au revoir Mr. Chips » et suite à la réputation du film, que Sam Wood commencera vraiment à afficher une ambition créatrice - tel que le gros plan qu’il usera sans retenue.

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