MISS BARRETT (1934)

MISS BARRETT (1934)

THE BARRETTS OF WINPOLE STREET

Un drame de Sidney Franklin

109  mn

Avec Norma Shearer, Fredric March, Charles Laughton, Maureen O'Sullivan, Katherine Alexander, Ralph Forbes, Ian Wolfe, Una O'Connor, Leo G. Carroll
Scénario de Ernest Vajda, Claudine West, Donald Ogden Stewart
D'après Rudolph Besier
Musique de Herbert Stothart
Photo de William H. Daniels

RESUME
Atteinte d'une infirmité qui la condamne à rester chez elle, une jeune femme de la bourgeoisie anglaise vit au milieu de frères et sœurs dominés par un père tyrannique, lequel refuse fermement que ses filles aient des relations amoureuses.

COMMENTAIRE
Nominé aux Oscars, considéré, entre autres, par The film Daily comme l’un des dix meilleurs films de l’année 1934, souvent cité dans les ouvrages de cinéma, « Miss Barrett » bénéficie d’une bonne réputation. Son réalisateur, Sidney Franklin, conclura d’ailleurs sa carrière en entreprenant un remake en 1956, alors qu’il n’avait plus rien mis en scène depuis presque vingt ans. Et en effet, l’histoire de ce père de famille tyrannique que toute sa famille craint et qui interdit à ses filles des sentiments amoureux, a quelque chose de surprenant. La peur que ses proches ressentent à l’évocation de son nom, les exigences maladives qu’il leur impose entraînent une incontrôlable aversion à son égard. Or ceci ne suffit pas à éviter l’impression d’ennui qui se dégage du film. Comme son remake, « Miss Barrett » est un film bavard, confiné dans quelques intérieurs, qui relève plus de la pièce de théâtre que du cinéma. De longs dialogues souvent d’un lyrisme emprunté, et de longues scènes qui ne font pas avancer l’histoire plombent le récit. De même, réalisé par un cinéaste sans grande aptitude, le film souffre d’une mise en scène routinière. Si Norma Shearer, égale à elle-même, ne démérite pas, en revanche Fredric March est inexistant et, plus grave, Charles Laughton incarnant le père autoritaire, personnage central du film, ne convainc pas. L’homme est certainement le plus talentueux acteur de composition de l’époque. Entre le Henry VIII de « La vie privée d’Henry VIII », le capitaine Bligh des « Révoltés de la Bounty », le Quasimodo de « Quasimodo, le bossu de Notre-Dame », Laughton interprète quelques-uns des personnages les plus fascinants du cinéma américain des années trente. Ici, une nouvelle fois, il est impressionnant dans ce rôle de bourgeois mesquin et incestueux enserrant dans sa main de fer une famille impuissante. Cependant, il est tellement impressionnant qu’il devient grotesque et n’est plus crédible. Probablement abandonné à lui-même, ne cherchant pas à saisir la finesse de son personnage, il cabotine. Franklin ne parvient pas non plus à gommer le côté poupon de l’acteur qui se concilie mal avec la répugnance qu’il dégage.

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