LE MONDE LUI APPARTIENT

LE MONDE LUI APPARTIENT

THE WORLD IN HIS ARMS

Un film d'aventures de Raoul Walsh

100  mn

Avec Gregory Peck, Ann Blyth, Anthony Quinn, John McIntire, Carl Esmond, Andrea King, Eugenie Leontovich, Rhys Williams, Siegfried Ruman, Bryan Forbes, Henry Kulky
Scénario de Borden Chase, Horace McCoy
D'après Rex Beach
Musique de Frank Skinner
Photo de Russell Metty
Produit par Aaron Rosenberg

RESUME
Le capitaine d'une goélette équipée pour la chasse aux phoques débarque à San Francisco. Il a l'intention de trouver les fonds nécessaires pour acheter l'Alaska détenu par les Russes qui y ont instauré un régime autoritaire et cruel.

COMMENTAIRE
Après un rapide passage par la MGM où il réalise un film mineur, « La ruelle du péché », Raoul Walsh tourne « Le monde lui appartient » qui demeure la première production importante qu’il entreprend depuis son départ de la Warner. Malgré des passages réjouissants et une honnête facture, le film n’a plus la force de chefs-d’œuvre comme « L’enfer est à lui », « La fille du désert » ou « Le désert de la peur » qu’il tournait il y a encore peu, coup sur coup, au sein de la Warner. Illustré par ce film d’aventure Universal qui se confond avec nombre de productions de l’époque, l’œuvre de Walsh perd brutalement de sa force après son départ de la Warner en 1951. Outre un début qui tire en longueur et d’affreux transparents utilisés lors des scènes de chasse aux phoques, c’est avant tout le traitement des personnages qui interpelle. Exploitée sans discernement, leur légèreté - une légèreté qui dix ans auparavant pouvait porter un film avec Errol Flynn dans le rôle principal - rend finalement l’ensemble peu crédible, le faisant par moment basculer dans la farce grotesque. Alors qu’ils se font les pires vacheries, les deux protagonistes joués par Anthony Quinn - au jeu excessif surprenant - et Gregory Peck, demeurent toujours aussi attachés l’un à l’autre. On reconnaît là ce côté faussement détaché qu’on trouve dans « Un demi siècle à Hollywood », la biographie de Walsh. Les pires atrocités sont commises sans que le cinéaste semble s’en émouvoir. Le pendu qu’un Peck hilare sauve in extremis « pour se distraire » est à rapprocher de la pendaison que Walsh relate dans son livre et dont il était témoin. C’était, il est vrai, une habitude chez de nombreux cinéastes venus du muet d’avoir cette attitude désinvolte et cynique face aux évènements qu’ils vécurent. Il tente de la reproduire ici, mais le résultat est discutable.

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