MONSIEUR JOE

MONSIEUR JOE

MIGHTY JOE YOUNG

Un film fantastique de Ernest B. Schoedsack

94  mn

Avec Terry Moore, Ben Johnson, Robert Armstrong, Joseph Young, Frank McHugh, Douglas Fowley, Paul Guilfoyle, Nestor Paiva, Regis Toomey, James Flavin, Jack Pennick
Scénario de Ruth Rose
D'après Merian C. Cooper
Musique de Roy Webb
Photo de J. Roy Hunt
Produit par John Ford, Merian C. Cooper

RESUME
En Afrique, une petite fille troque avec des indigènes une lampe de poche contre un bébé gorille. Douze ans plus tard, une expédition venue capturer des animaux pour un spectacle, découvre un singe gigantesque, l'ami d'une adolescente.

COMMENTAIRE
Il est surprenant de voir au générique de « Monsieur Joe » le nom de John Ford en tant que producteur. D’autant que c’est un film fantastique bardé d’effets spéciaux sans aucune affinité avec son cinéma. En fait, en avril 1946, il fonde avec Meriam C. Cooper, l’un des créateurs de King-Kong, Argosy Film. Ford y produira huit de ses réalisations - quasiment que des chef-d’œuvres - et cette œuvre étrange inspirée d'un succès de Cooper. Celui-ci avait produit et réalisé « King-Kong » 15 ans auparavant, en collaboration avec son ami Ernest B. Schoedsack. Les deux hommes, dont la première œuvre réalisée conjointement remontait à 1925, décidèrent de coopérer une ultime fois. Reprenant l’un des plus fabuleux mythes du cinéma, ils vont en faire une œuvre plus juvénile et plus légère, où l’effroi, et surtout l’aspect érotique, ont totalement disparu : « Monsieur Joe ». Alors qu’il avait une certaine profondeur dans la première version, le singe devient un animal docile, benêt et sans émotion et là où on sentait une économie dans la mise en scène de King-Kong, on découvre maintenant une débauche d’apparitions de Monsieur Joe, qui fait croire que les méthodes d’animation utilisés par Ray Harryhausen (le grand maître des effets spéciaux des années Cinquante et Soixante faisant ses premières armes ici) sont devenues moins fastidieuses à mettre en oeuvre. Jusqu’au-boutiste dans l’utilisation des effets spéciaux, les auteurs reprennent les techniques d’animation du primate pour créer un accident de camion. Toutes ces séquences montées images par images manquent toutefois cruellement de naturel. (Si ces imperfections font sourire le spectateur d’aujourd’hui, on constate qu’aucune technique, aussi élaborée soit-elle, n’a été capable jusqu’à maintenant de reproduire avec naturel le mouvement d’un être vivant autrement qu’en le filmant en temps réel). Le film se caractérise aussi par ses scènes d’action qui se suivent frénétiquement. Pour revenir à Ford, on reconnaît ici quelques visages bien connus de sa troupe : Ben Johnson et Jack Pennick, un second rôle apparaissant dans grand nombre des films du maître ; il joue ici un camionneur qui se fait voler son camion et se retrouve dans la cage du singe.

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