AU-DELÀ DU MISSOURI

AU-DELÀ DU MISSOURI

ACROSS THE WIDE MISSOURI

Un western de William A. Wellman

78  mn

Avec Clark Gable, Ricardo Montalban, Adolphe Menjou, John Hodiak, J. Carrol Naish, Jack Holt, Alan Napier, George Chandler, James Whitmore, Maria Elena Marqués
Scénario de Talbot Jennings
D'après Talbot Jennings, Frank Cavett
Musique de David Raksin
Photo de William C. Mellor
Produit par Robert Sisk

RESUME
Des trappeurs venus de tous horizons se rassemblent avant de partir chasser le castor en pays pied-noir. Afin d’être dans les bonnes grâces des Indiens, Flint épouse la petite fille d'un chef pied-noir, kidnappée par une tribu ennemie dont il est l'ami.

COMMENTAIRE
Mutilé, dénaturé, remanié, « Au-delà du Missouri » demeure malgré tout l’un des plus beaux westerns sur la vie des trappeurs qiand ceux-ci étaient les seuls explorateurs de l’Ouest américain. D’une durée ridicule d’une heure et quart, le film est en grande partie un assemblage de scènes spectaculaires, surtout flagrant après le départ des hommes vers leur lieu de chasse : alors que les préparatifs du voyage durent un peu plus de vingt minutes, la saison de chasse elle-même est expédiée en moins de quarante minutes. A l’inverse de la première partie, la seconde est dépourvue de longues scènes dialoguées. Des personnages tel que le colonel écossais, présent à Waterloo, disparaissent subitement après avoir fait l’objet d’une attention particulière. Le saccage n’a toutefois pas entamé la beauté esthétique du film. Hormis les quelques scènes d’intérieur et peut-être d’autres comme celles qui retraçent le réveillon de Noël dans le fortin, l’essentiel du film est tourné en décors naturels dans des lieux sauvages - ce que la MGM n’avait plus tenté depuis 1940 avec « Le grand passage ». Le Technicolor ajoute encore au rendu de cette nature vierge, un aspect qui manque à « La captive aux yeux clair » filmé en noir et blanc. On n’y trouve pas non plus les affreux transparents des « Aventures du capitaine Wyatt ». (Ces deux films datent également du début des années cinquante et leur histoire se situe dans des contrés sauvages et vierges des futurs Etats-Unis). Autre point attrayant, les nombreux plans larges qui ponctuent le film. William A. Wellman n’hésite pas à filmer une scène de loin pour intégrer ses personnages dans de vastes paysages. D’un point de vue formel, on découvre également des scènes d’action, des reconstitutions d’un fortin, d’un village indien et d’un rendez-vous de trappeurs, ainsi qu’une figuration et des costumes convaincants, des éléments qui relèvent d’une ambition s’accordant décidemment mal avec un métrage propre aux séries B. Cependant, la dénaturation du film laisse encore juger de la mise en scène brillante de Wellman. La spontanéité avec laquelle est filmée la bagarre générale lors du rassemblement des trappeurs en fait peut être l’une des plus amusante du cinéma. Elle laisse deviner chez Wellman un sens de l’humour. Les rapports entre le héros incarné par Clark Gable et sa femme indienne, mélange subtil de tendresse et de complicité, dénote aussi d’un savoir-faire. Comment ne pas être attendri par cette jeune mariée qui s’évanouit alors que son mari entre dans sa tente pour passer leur nuit de noces ? De manière générale une cohésion émane de ce groupe d’hommes isolés en territoire hostile. C’est évidemment sur ce point-là qu'on aurait aimé que le film s’étende. Enfin, dans le style de « Quelle était verte ma vallée » la voix-off d’un petit garçon se fait entendre tout au long du film. En plus de la nostalgie que peuvent dégager des souvenirs d’enfance, l’admiration avec laquelle cet enfant conte la vie de son père insuffle à celui-ci, Gable, une dimension mystique.

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