LA MONSTRUEUSE PARADE

LA MONSTRUEUSE PARADE

FREAKS

Un film fantastique de Tod Browning

63  mn

Avec Wallace Ford, Olga Baclanova, Roscoe Ates, Leila Hyams, Harry Earles
Scénario de Willis Goldbeck, Leon Gordon
D'après Tod Robbins
Photo de Merritt B. Gerstad
Produit par Tod Browning

RESUME
Dans un cirque ambulant, qui présente aussi des phénomènes de foire, une trapéziste s'intéresse à la fortune d'un nain qui n'a de yeux que pour elle. Avec la complicité du monsieur muscle, elle entreprend de l'épouser avec l'idée de le tuer pour hériter.

COMMENTAIRE
Il n'est pas nécessaire de répéter à quel point ce film magnifique est atypique dans le cinéma hollywoodien, dans le cinéma tout court. Il est l'aboutissement de l'œuvre d'un réalisateur inclassable qui évolua en plaçant l'outrance expressive du muet au service de son goût pour des personnages diminués physiquement. Lon Chaney, adepte des rôles grimés, joua un rôle important dans cette évolution. Il y a entre les deux hommes une synergie qui fait ce style unique. A la mort de Chaney, Tod Browning perd le seul acteur qui pouvait matérialiser ses penchants pour le sordide ; en comparaison Bella Lugosi sera un pâle vampire. Et c'est seulement avec « La monstrueuse parade », où il ira chercher de véritables créatures de foire pour remplacer son artiste fétiche, qu'il retrouvera et transcendera ses films muets. Nous montrer une galerie de personnes fortement handicapées, fait inévitablement appel à notre côté voyeur, ce plaisir malsain qui consiste à savourer des situations dans lesquelles on ne voudrait pas se trouver et à contempler des gens différents. L'exploitation de cette déviance, propre à l'humain, faisait le succès des exhibitions foraines et on peut se demander si le film ne reprend pas le filon. Peut-être que certain s'attacheront à cet aspect, mais il fallait prendre le risque, car en définitif peu de film ont un message humaniste d'une telle force, le voyeurisme cédant rapidement la place à un sentiment d'affection pour ces personnages. Browning, en nous les décrivant solidaires, stoïques et se contentant de ce qu'ils ont, ne les présente pas comme des êtres à plaindre, ce que d'autres n'auraient pas manqué de faire, mais comme des modèles d'humanisme. On sent que la réponse à l'intolérance se trouve dans cette femme qui embrasse ces monstres et non pas dans ceux qui en rigolent en jouant aux cartes, dans celle qui les connaît et non pas dans ceux qui les ignorent.

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