THE MORTAL STORM

THE MORTAL STORM

THE MORTAL STORM

Un drame de Frank Borzage

99  mn

Avec Margaret Sullavan, James Stewart, Robert Young, Robert Stack, Maria Ouspenskaya, Frank Morgan, Irene Rich, Bonita Granville, Gene Reynolds
Scénario de Claudine West, George Froeschel, Andersen Ellis
D'après Phyllis Bottome
Musique de Edward Kane
Photo de William H. Daniels
Produit par Victor Saville

RESUME
1933, en Allemagne. Un professeur de biologie fête ses soixante ans en compagnie de sa famille et de ses amis lorsque la domestique annonce que Hitler est devenu chancelier. Cet évènement conduira à l'implosion de la famille.

COMMENTAIRE
Alors qu’en 1940 l’Amérique n’est pas encore entrée en guerre et que son administration, soucieuse de rester neutre, se garde bien de condamner la politique d’Hitler, Hollywood sort sur les écrans deux brûlot anti-hitlériens, « Le dictateur » de Charlie Chaplin et « Mortal Storm ». Ce dernier demeure certainement le premier grand drame relatant les conséquences du nazisme sur une famille allemande ordinaire. Il préfigure une série des chefs-d’œuvre dont « Les quatre cavaliers de l’apocalypse » de Vincente Minnelli et « Les damnés » de Luchino Visconti font partie. A l’instar du « Dictateur », le propos est exceptionnel quand on songe que les auteurs observent une actualité toute récente que l’hypocrisie ambiante évite de dénoncer ouvertement : les camps de concentration, l’endoctrinement, l’oppression, la chasse aux opposants. Frank Borzage accentue la force du propos en composant des personnages fragiles et touchants, la brutalité apparaît d’autant plus révoltante. Ce traitement éclate dans une scène où un paisible vieil homme se fait violemment prendre à parti par un jeune nazillon après avoir eu l’audace de défendre la liberté de chanter des chants guerriers. Ce vieil homme personnifie la famille à laquelle s’attache l’histoire : le père, un vieux professeur de biologie interprété par un attendrissant Frank Morgan, se voit poursuivi parce qu’il défend la vérité scientifique ; sa femme doit fuir en Autriche ; leur fille (Margaret Sullavan) connaît un destin tragique après une furtive et intense idylle avec un paysan (James Stewart) fuyant le nazisme ; les fils adoptifs et un ancien fiancé rejoignent le parti nazi, mais doivent combattre les membres modérés de leur famille. L’idéologie nazie apparaît ainsi comme une pandémie, « une tempête mortelle », qui décime aveuglement les familles. De la grande demeure heureuse et pleine de vie du début du film il ne subsiste à la fin qu’une maison vide couverte par la neige. L’intelligence et la sensibilité avec laquelle Borzage conte la progression de « la tempête », fait de « Mortal Storm » l’une de ses œuvres maîtresses.

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