LES NAUFRAGEURS DES MERS DU SUD

LES NAUFRAGEURS DES MERS DU SUD

REAP THE WILD WIND

Un film d'aventures de Cecil B. DeMille

124  mn

Avec John Wayne, Ray Milland, Paulette Goddard, Raymond Massey, Lynn Overman, Robert Preston, Susan Hayward, Charles Bickford, Walter Hampden, Martha O'Driscoll, Janet Beecher
Scénario de Alan LeMay, Charles Bennett, Jesse L. lasky Jr.
D'après Thelma Strabel
Musique de Victor Young
Photo de Victor Milner
Produit par Cecil B. DeMille

RESUME
Un voilier échoue sur les récifs de Floride. Des naufrageurs viennent récupérer la précieuse cargaison. A leur tête, un avocat est suspecté d'être responsable de ces naufrages. L'armateur enverra un homme sur place pour mener l'enquête.

COMMENTAIRE
« Les naufrageurs des mers du Sud » est le film de prestige des studios Paramount de cette année 1942. L’œuvre se distingue effectivement de la plupart de celles qui sortirent sur les écrans à cette époque par le faste de ses décors, de ses costumes, de sa distribution, de sa figuration, ainsi que par sa durée et l’utilisation du Technicolor. Cecil B. De Mille, cofondateur du studio dans les années dix, est depuis toujours le réalisateur des grandes productions Paramount. Cette position privilégiée le conduit à choisir des sujets ambitieux, le plus souvent des intrigues qui se confondent avec un événement historique qu’il reconstitue de façon remarquable. Les deux films qui précèdent celui-ci en sont des exemples significatifs : « Pacific Express » retrace la construction du chemin de fer reliant les côtes Est et Ouest des Etats-Unis tandis que « Les tuniques écarlates » se situe au Canada lors des révoltes opposant métis et Britanniques. Avec « Les naufrageurs des mers du Sud » DeMille entreprend de relater un autre chapitre de l’histoire de l’Amérique : au 19ème siècle, portés par des courants et des vents violents qui sévissent à l’approche des côtes de Floride où les récifs sont nombreux, beaucoup de navires s’échouent. Une nouvelle fois il exploite un fait d’histoire héroïque comme un décor chatoyant dans lequel il dispose ses personnages. Les somptueux voiliers marchands, les tempêtes dans lesquelles sont pris les navires, les ports où s’affaire foule de marins et de badauds, les belles demeures du Sud, rien ne manque à ce décor. Ecrite par des scénaristes attitrés, l’intrigue est également un modèle du genre. L’équilibre entre manichéisme, relations sentimentales, héroïsme est un exemple quasi parfait de ce qui se fait à l’époque en terme de romanesque hollywoodien. Humour, drame, action font également bon ménage. Bien que très classique, l’humour sonne toujours juste. C’est un chien qu’on fait parler à l’aide de la ventriloquie, c’est une servante noire ou un capitaine qui ont toujours une réflexion amusante, c’est une fessée qu’on administre à l’héroïne. Enfin, concernant les scènes d’action, DeMille ne craint pas de reconstituer l’épave d’un voilier échoué sur des brisants ou de mettre à contribution le département des effets spéciaux. Notons à ce sujet que l’attaque du poulpe géant est très audacieuce pour l’époque dans un film de cette tenue. Comme on pouvait s’y attendre, le résultat reste stupéfiant.

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