UNE AVENTURE DE BUFFALO BILL

UNE AVENTURE DE BUFFALO BILL

THE PLAINSMAN

Un western de Cecil B. DeMille

113  mn

Avec Gary Cooper, Jean Arthur, Charles Bickford, James Ellison, Porter Hall, Helen Burgess, Victor Varconi, Fred Kohler, John Miljan, Paul Harvey, Granville Bates, Frank Albertson, Charles Judels, Harry Woods, Anthony Quinn, Francis McDonald
Scénario de Waldemar Young, Harold Lamb, Lynn Riggs
D'après Courtney Ryley Cooper, Frank J. Wilstach
Musique de George Antheil
Photo de Victor Milner
Produit par Cecil B. DeMille

RESUME
Après la guerre de Sécession, les autorités décident d’envoyer les soldats démobilisés coloniser l'Ouest. Mais là une autre guerre les attend, celle que les Indiens mènent contre les Blancs et que les trafiquants d'armes attisent.

COMMENTAIRE
Comme « Pacific Express », comme « Les conquérants d’un nouveau monde », Cécil B. DeMille débute son récit loin du théâtre des opérations dans les bureaux feutrés des politiciens et des investisseurs qui régissent le pays. Ces hommes qui palabrent (parmi lesquels on découvre Lincoln quelques heures avant son assassinat) ont pour fonction de définir les limites géopolitiques de l’histoire qui va suivre, d’inscrire la petite histoire dans la grande. Car pour DeMille, si le western relate une aventure individuelle, il illustre avant tout une page glorieuse de l’histoire de l’Amérique. Et qu’importe si la légende prend le pas sur la vérité historique, son idée est de dresser un portrait héroïque de l’Amérique afin de rallier chaque citoyen à sa cause en cultivant la fierté de faire partie de cette nation. Faisant se rencontrer pas moins de quatre personnages légendaires, Calamity Jane (Jean Arthur), Wild Bill Hickok (Gary Cooper), Buffalo Bill (Charles Bickford) et le Général Custer (Victor Varconi), choisissant le chapitre ô combien fameux des guerres indiennes marqué par le massacre de Little Big Horn, il fait délibérément dans la surenchère - au point qu’un panneau d’introduction doit signaler l’aspect fictionnel du récit. Ceci étant, nous sommes dans ce qui se fait de mieux à Hollywood à l’époque. (Rappelons que dans les années trente le western prend essentiellement la forme de petits films de série et qu’ « Une aventure de Buffalo Bill » - titre français absurde - fait office d’exception. Il faudra attendre « La chevauchée fantastique » - autre titre aguicheur absurde - en 1939 pour voir le genre réapparaître au devant de la scène). A l’exception de quelques plans aux transparences grotesques, le spectacle est entier. Des quais d’embarquement de la Nouvelle Orléans aux rues boueuses des villes de l’Ouest, en passant pas les scènes de combat entre soldats et Indiens, tout est reconstitué avec un soin minutieux. Comme toujours chez deMille, une foule de personnages s’anime dans l’image et la composition picturale semble être au centre de toutes les préoccupations. On ne peut s’empêcher de faire le lien entre « Le radeau de la Méduse » de Géricault et ce plan de soldats rescapés qu’une colonne de cavalerie vient secourir. A côté de cela les acteurs sont flamboyants. Cooper n’a plus rien à voir avec le héros cabotin de la « La grande Caravane », le dernier western qu’il a tourné il y a déjà cinq ans. Les costumes qu'il porte lui donnent une élégance qui contraste avec l’habituel héros fruste de l'Ouest. Ajouté à cela, il entretient des relations fascinantes avec une ravissante Calamity Jane qui est amoureuse de lui et lui fait des avances. Il se fait un malin plaisir de ne jamais révéler ses sentiments pour elle et va jusqu’à essuyer de sa main chacun des baisers qu’elle lui donne par surprise. La fin, magnifique, viendra mettre un point émouvant à cette relation amoureuse inhabituelle.

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