LE PASSEPORT JAUNE

LE PASSEPORT JAUNE

THE YELLOW TICKET

Un drame de Raoul Walsh

81  mn

Avec Elisa Landi, Lionel Barrymore, Laurence Olivier, Walter Byron, Mischa Auer, Edwin Maxwell, Rita La Roy, Boris Karloff
Scénario de Jules Furthman, Guy Bolton
D'après Michael Morton
Musique de Carli Elinor
Photo de James Wong Howe

RESUME
En 1913, en Russie, le tsar décrète que les juifs ne peuvent plus sortir de leur ghetto. Pour rejoindre son père emprisonné à Saint-Pétersburg, une jeune juive n'a alors d'autre choix que de demander un passeport jaune délivré à vie aux prostituées.

COMMENTAIRE
« Le passeport jaune » aborde des thèmes que le cinéma hollywoodien des années trente n’a pas l’habitude de traiter : la condition juive en Europe de l’Est, la prostitution, la tyrannie de la Russie impériale. Bien qu’un certain nombre de fondateurs d’Hollywood soient des émigrés juifs chassés par les pogroms, rares sont les films qui témoignent comme ici des oppressions que leur firent subir le gouvernement russe. S’étendre sur ces prostitués dont le statut particulier leur permet de circuler en toute liberté n’est pas plus courant dans le cinéma hollywoodien. D’ailleurs, cela n’est que suggéré et on ne comprend pas véritablement pourquoi elles bénéficient de ce traitement de faveur. Quant à cette Russie tsariste, elle semble être au cinéma des années trente ce que l’Allemagne nazie sera au cinéma des années cinquante. Les cosaques à la solde du Tsar sont assimilables aux SS tandis que cette police despotique dont Lionel Barrymore incarne le chef particulièrement fourbe, a toutes les apparences de la Gestapo de Himmler. On retrouve cette police omniprésente, ces fonctionnaires moqueurs et indifférents à la souffrance des minorités. Ces passeports jaunes qui marquent d’infamie les prostituées, ne rappellent-t-ils pas l’étoile jaune que porteront les juifs ? Formellement, le film a également des qualités. En 1931, alors que la musique est utilisée avec parcimonie, le film présente une partition assez riche, allant jusqu’à créditer un compositeur au générique. De même, les prisons, que ce soit celle où est enfermé le père de l’héroïne ou celle ou cette dernière sera incarcérée, sont parfaitement reconstituées. Un côté lugubre et oppressant s’en dégage.

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