LA PATROUILLE DE L'AUBE

LA PATROUILLE DE L'AUBE

THE DAWN PATROL

Un film de guerre de Howard Hawks

108  mn

Avec Richard Barthelmess, Douglas Fairbanks jr, Neil Hamilton, Frank McHugh, Clyde Cook, James Finlayson, William Janney, Edmond Breon
Scénario de Dan Totheroh, Howard Hawks, Seton I. Miller
D'après John Monk Saunders
Musique de Leo F. Forbstein
Photo de Ernest Haller

RESUME
Lors de la Première Guerre mondiale une escadrille de chasse est envoyée quotidiennement au combat avec de jeunes recrues sans expérience qui pour la plupart ne reviennent pas. Le commandant impuissant ne peut que constater la situation.

COMMENTAIRE
De tous les films de Howard Hawks traitant du professionnalisme, de cette thématique hawksienne qui veut que l’homme d’honneur s’investisse entièrement dans la tâche qui lui a été donnée d'accomplir, « La patrouille de l’aube » est certainement le plus convainquant et le plus pertinent. Pris dans une mécanique destructrice qui échappe à l’humanité entière, la Première Guerre mondiale, le soldat, le pilote de guerre ici, est un être en sursis. Il ne peut espérer survivre qu’à travers le groupe, l’escadrille qui, elle, est indestructible, constamment maintenue en vie par l’apport de nouvelles recrues. Plus que de chercher à servir le groupe ou à le défendre corps et âme, les aviateurs doivent gagner l’estime de leurs pairs en remplissant au mieux leurs missions et en se montrant courageux et dignes. C’est ainsi que même s’ils paraissent faibles, (tel ce pilote angoissé qui supporte mal que ses compagnons s’amusent alors que d’autres viennent de perdre la vie en mission) confrontés à la réalité du combat, ils se révèleront à la hauteur de leur engagement. C’est le prix à payer pour gagner sa place au milieu des autres après sa mort. Le groupe auquel s’identifient ces héros en sursis semble se nourrir de l’abnégation et du courage de chacun. L’escadrille devenant leur seule raison d’être, on comprend pourquoi ces pilotes, sans hésiter, se portent volontaires pour accomplir une mission suicide, qu’ils se sacrifient pour un autre, qu’ils relèvent au péril de leur vie un défi lancé par l’ennemi, ou qu’ils saluent celui-ci alors que leur avion est en perdition. On comprend aussi pourquoi ils chantent alors qu’ils viennent de perdre leurs compagnons : plus que la disparitions des individus, ce qui importe c’est que la mission ait été accomplie - et que le groupe ait gagné en considération. Et bien sûr lorsque l’un d’entre eux se retrouve cloué au sol parce qu’il est promu chef d’escadrille, on comprend qu’il se lamente de voir disparaître un à un ceux qu’il envoie au combat. A l’inverse d’autres films de Hawks, comme « Seuls les anges ont des ailes » par exemple, la thématique du héros qui met un point d’honneur à réussir la tâche périlleuse qui lui est assignée, fonctionne parfaitement bien ici, tellement bien que le scénario sera repris presque à l’identique en 1938 pour être à l’origine d’un autre chef-d’œuvre, d’Edmund Goulding cette fois-ci.

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