PETITE PROVINCIALE

PETITE PROVINCIALE

SMALL TOWN GIRL

Une comédie dramatique de William A. Wellman

106  mn

Avec Janet Gaynor, Robert Taylor, Binnie Barnes, Andy Devine, Lewis Stone, Elisabeth Patterson, Frank Craven, James Stewart, Isabel Jewell, Charley Grapewin, Nella Walker, Edgar Kennedy
Scénario de John Lee Mahin, Frances Goodrich, Albert Hackett, Edith Fitzgerald
D'après Ben Ames Williams
Musique de Herbert Stothart, Edward Ward
Photo de Oliver T. Marsh, Charles Rosher
Produit par Hunt Stromberg

RESUME
Après une soirée bien arrosée, un jeune chirurgien propose le mariage à une inconnue. S'ennuyant au milieu des siens, celle-ci accepte, mais le lendemain, le jeune homme, fiancé par ailleurs, réalise son erreur et pactise avec cette épouse encombrante.

COMMENTAIRE
Au début du film, cette jeune épicière qui porte sur son univers étriqué un regard désabusé, présageait, une fois n’est pas coutume, une critique acerbe de la vie de province et de sa routine réconfortante. Toutes ces braves personnes dont elle connaît d’avance les répliques, les attitudes, les choix, composent en effet un tableau profondément démoralisant tant il est dépourvu de surprise. Hélas, l’unique fonction de tout cela est de justifier l'approbation d’une demande en mariage un soir de beuverie, et de déboucher sur un malentendu qui forme le véritable thème de l’histoire. Car, lorsqu’un beau chirurgien dans un état d’ébriété avancé, demande, sur un coup de tête, la main de la jeune épicière, celle-ci, fascinée par la vie pétillante que mène cet homme, est incapable de refuser la proposition. Et ce qui aurait pu également être une réflexion sur les plaisirs de la vie, devient une sorte de vaudeville dans lequel deux êtres qui n’auraient jamais dû se rencontrer vont s’expliquer ; l’homme souhaitant se débarrasser de cette épouse alors que celle-ci l’aime secrètement. Finalement, on retombe dans un des mythes les plus apprécié du cinéma américain, celui de Cendrillon : une jeune femme dont le quotidien est des plus triste, voit sa vie se transformer après la rencontre d’un prince charmant. (D’ailleurs, en faisant référence aux citrouilles, le scénario ne cache pas ses affinités au conte de Perrault). Ainsi, après un début brillant, inattendu, l’histoire reprend les sentiers battus de la comédie sentimentale pour se conclure sur une fin parfaitement prévisible. Ecrit par une pléiade d’excellents scénaristes, réalisé par William A. Wellman, le résultat demeure toutefois convainquant. Actrice du muet en fin de carrière, Janet Gaynor, qui sera dirigée une nouvelle fois par Wellman l’année suivante dans « Une étoile est née », n’a plus vraiment le physique, la sensualité des actrices de l’époque non plus, mais elle est supportée par Robert Taylor, jeune premier de 25 ans qui illumine l’écran par sa beauté. Si tous les deux forment un couple d’une apparence inhabituelle dans le paysage hollywoodien de l’époque, ils collent assez bien aux exigences de l’histoire. Egalement à ses débuts, mais encore loin d’être une vedette, James Stewart joue le petit rôle d’un lourdaud dont la phrase fétiche ridicule est « On garde la tête haute ».

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