LE PHALÈNE D'ARGENT

LE PHALÈNE D'ARGENT

CHRISTOPHER STRONG

Un drame de Dorothy Arzner

78  mn

Avec Katharine Hepburn, Colin Clive, Billie Burke, Helen Chandler, Ralph Forbes, Irene Browne, Jack La Rue
Scénario de Zoë Akins
D'après Gilbert Frankau
Musique de Max Steiner
Photo de Bert Glennon
Produit par David O. Selznick

RESUME
Au hasard d'une soirée folle où des jeunes gens se lancent des défis, une jeune femme qui n'a jamais eu d'autre amour que l'aviation, et un politicien modèle marié et père d'une jeune fille, font connaissance. Ils ne tarderont pas à s'aimer passionnément.

COMMENTAIRE
Dirigé par Dorothy Arzner, la seule réalisatrice à exercer à Hollywood dans les années trente, écrit par une Zoë Akins qui commence à travailler pour le cinéma au début de la décennie, et affichant dans le rôle principal une Katharine Hepburn qui venait de percer l’année précédente dans « Héritage », « La phalène d’argent » est l’un des rares films de femmes que la Mecque du cinéma produira à cette époque. Paradoxalement, alors que les films sur la femme (prétendument faits pour un public féminin) sortent en grand nombre durant cette période, ils sont pour la plupart le produit artistique des hommes. « La phalène d’argent » est donc l’occasion de découvrir un regard de femmes pausé sur elles-mêmes. A associer évidemment à la personnalité de Arzner, ce regard présente effectivement des particularités. Malgré les antagonismes qui les opposent, les protagonistes féminins éprouvent peu d’animosité les uns envers les autres. Ils semblent former un groupe soudé qui subit son sort avec résignation. La femme n’en est pas moins un acteur actif de son temps, et ce sont surtout les problèmes soulevés par cette émancipation qui forme le thème de l’intrigue. Hepburn incarne un vaillant pilote d’essai, et en bouclant un tour du monde devant tous ses concurrents elle surpasse les hommes sur leur propre terrain. Mais sa position qui vient rafler à l’homme l’image héroïque à laquelle il est invariablement associé, génère chez elle des conflits intérieurs liés à sa condition féminine. Car comment être à la fois une maîtresse - soumise -, accéder à la maternité tout en continuant une activité héroïque, dangereuse et accaparante par définition ? L’histoire établit clairement que c’est l’amour qui est à l’origine de ce déchirement. Tant qu’elle n’avait pas connu d’homme et qu’elle s’était donnée entièrement à sa passion l’héroïne semblait épanouie, c’est dès lors qu’elle rencontre l’amour que les ennuis commencent pour elle. Respectueuse des conventions morales hollywoodiennes, Arzner fait de d’elle une femme docile qui n’aura finalement d’autre choix que de se sacrifier pour répondre aux exigences sociales.

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