LA PISTE DE SANTA FE

LA PISTE DE SANTA FE

SANTA FE TRAIL

Un western de Michael Curtiz

105  mn

Avec Errol Flynn, Olivia de Havilland, Raymond Massey, Ronald Reagan, Alan Hale, William Lundigan, Van Heflin, Gene Reynolds, Henry O'Neill, Guinn Williams, Alan Baxter, John Litel, Moroni Olsen
Scénario de Robert Buckner
Musique de Max Steiner
Photo de Sol Polito
Produit par Hal B. Wallis, Robert Fellows

RESUME
En 1854, deux jeunes officiers sortis de West Point sont envoyés dans un poste avancé au Kansas où sévit une rébellion menée par un anti-esclavagiste fanatique. Ils ne tarderont pas à le combattre lors d'un convoyage de matériel.

COMMENTAIRE
Sorti en décembre, « La piste de Santa Fe » est la troisième et dernière superproduction épique produite en 1940 par la Warner. Comme les deux précédentes, « La caravane héroïque » et « L’aigle des mers », le film affiche au générique Michael Curtiz à la réalisation, Errol Flynn dans le rôle principal, et Sol Polito à la photographie, trois des artistes majeurs du studio dans leur domaine respectif. Sous l’égide de Hal B. Wallis en charge des grosses productions à la Warner, ces trois artistes incontournables du studio - auxquels s’ajoutent Max Steiner à la musique et Olivia De Havilland dans le rôle féminin principal -, offrent une nouvelle fois un spectacle éblouissant. Ainsi, avec les œuvres citées plus haut, « La piste de Santa Fe » se présente comme le plus mémorable film d’action Warner de l’année. Flynn y est magnifique, peut-être plus grave et moins frondeur qu’habituellement. Les nombreuses et impressionnantes scènes d’action sont filmées avec une maestria exceptionnelle par Curtiz, tandis que les séquences dialoguées possèdent un charme, composent des personnages qui en font des modèles du genre. Tout cela est intégré à des décors et entouré d’une figuration opulente. (« La piste de Santa Fe » est certainement le plus fastueux film auquel ait participé Ronald Reagan dont la filmographie affiche tout de même plus d’une cinquantaine de titres). L’intrigue s’appuie sur un épisode sensible de l’histoire de l’Ouest et présente une ambiguïté à l’image de John Brown, le personnage historique qui incarne le méchant ici. Abolitionniste fanatique, l’homme est considéré par certains, (Victor Hugo ou Henry David Thoreau en tête) comme un martyr, et par d’autres (Abraham Lincoln lui-même favorable à l’abolition de l’esclavage), comme un dangereux et violent terroriste. Au risque de heurter une frange du public, le film prend clairement parti contre Brown, estimant que c’est aux états démocratiques de combattre ce qui est moralement inacceptable, et non pas aux individus isolés : « L’Amérique essaie de décider », « Ce n’est pas à nous [John Brown compris] de décider pour l’esclavagisme. », tels sont les propos du héros. Les auteurs étayent également leur position en insistant sur les massacres perpétrés par Brown, ou en montrant des Noirs préférer leur ancienne condition aux chaos dans lequel Brown plonge le Kansas. Ceci étant, on peut s’étonner de voir un homme mis à mal sans compensation par des esclavagistes alors qu’il était en train d’aider une misérable famille noire à passer la frontière. Ajoutons que John Brown est interprété par un Raymond Massey impérial qui paraît apprécier le rôle puisqu’il le réinterprétera avec la même passion quinze ans plus tard dans « Seven Angry Men ». Précisons aussi que lorsqu’il entreprend « La piste de Santa Fé », il venait d’interpréter juste avant un personnage historique de la même époque, mais unanimement apprécié celui-ci, celui d’Abraham Lincoln dans le film du même titre.

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