POUR LA SAUVER

POUR LA SAUVER

JUST PALS

Un mélodrame de John Ford

50  mn

Avec Buck Jones, Helen Ferguson, George E. Stone, Duke Rose Lee
Scénario de Paul Schofield
D'après John McDermott
Photo de George Schneiderman
Produit par William Fox

RESUME
Dans une commune rurale, un jeune homme à la mauvaise réputation, et vivant d'expédiants, se prend d'amitié pour un petit vagabond arrivé clandestinement par le train. Sur les conseils de l'institutrice qu'il aime, il devra conduire l’enfant à l'école.

COMMENTAIRE
« Pour la sauver » est le premier grand film de John Ford qui ait survécu à l’épreuve du temps. Sorti un an avant « Le kid » de Charlie Chaplin, il en est une sorte de version rurale. Les deux œuvres s’organisent autour d’une amitié entre un homme et un enfant démunis. Une amitié - attendrissante - qui les conduit à braver la fragilité de leur condition. On assiste ainsi à une scène émouvante où l’enfant se sacrifie pour procurer à son ami l’uniforme qui lui servira à trouver du travail : il se laisse tomber d’un train en marche avec le précieux habit dans les bras pour se retrouver à moitié mort sur le ballast. Et comme dans « Le kid » l’univers des adultes tente de séparer l’enfant de son tuteur providentiel. Si avec son physique de jeune premier, Buck Jones est différent de Chaplin, en revanche, on retrouve chez l’enfant George E. Stone l’espièglerie et un peu du charme de Jackie Coogan. Hormis cette étrange similitude, le film traite sans équivoque d’un thème récurent dans l’œuvre de Ford : la grandeur d’âme des exclus opposée à la petitesse des notables et des citoyens établis. Le bedeau qui n’a récolté qu’une pièce lors de la quête, pièce filmé en gros plan, résume à lui seul l’opinion que Ford porte sur ces paroissiens mesquins, aussi peu charitables qu’ils sont prompts à montrer du doigt le sympathique paresseux incarné par Jones, un marginal qui, par sa générosité de coeur, s’avérera être le véritable héros de la ville. En défendant aussi ouvertement les vagabonds au détriment des « honnêtes » citoyens, le discours se veut dérangeant et, exprimé dès les débuts de Ford, confirme qu’il y est attaché.

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