BAD GIRL

BAD GIRL

BAD GIRL

Une comédie dramatique de Frank Borzage

88  mn

Avec James Dunn, Sally Eilers, Minna Gombell, Frank Darien
Scénario de Vina Delmar, Brian Marlowe, Edwin J. Burke
D'après Vina Delmar
Photo de Chester Lyon

RESUME
@S@R.Une jeune mannequin importunée par des hommes qui tentent de la séduire, tombe sous le charme d'un réparateur de radios un peu rustre, lequel fait mine de ne pas s'intéresser à elle. Ils ne tarderont pas à se marier.

COMMENTAIRE
Une nouvelle fois Frank Borzage s’attache à peindre les relations amoureuses d’un couple modeste. Mais à la différence des nombreux films qu’il réalise sur le sujet, celui-ci verse moins dans le drame et le lyrisme. Relatant la vie plutôt banale de deux jeunes mariés, « Bad Girl » expose des difficultés conjugales qui relèvent plus du tempérament des individus eux-mêmes que des évènements extérieurs comme la guerre dans « L’heure suprême », « L’adieu au drapeau » et « The Mortal Storm », l’emprisonnement dans « L’ange de la rue », la misère dans « Ceux de la zone » et « Et demain ? ». Les soucis bien puérils que rencontrent ces deux jeunes gens sont essentiellement de l’ordre du malentendu, un malentendu alimenté par la gaucherie de l’homme et la crispante inquiétude qu’éprouve continuellement son épouse. Ainsi, cette approche, qui relève avant tout de la comédie de mœurs, exclut ce romantisme mystique qui illumine l’œuvre de Borzage. Dû en partie au piètre jeu de James Dunn et dans une moindre mesure à celui de Sally Eilers, on ne retrouve pas non plus l’amour fusionnel qui transparaît dans ces couple composés pour moitié par Janet Gaynor, Spencer Tracy ou Margaret Sullavan qui servent les plus belles œuvres du cinéaste. Il est vrai toutefois que le thème de « Bad Girl » n’est pas propice à l’expression d’un amour exacerbé. En effet, cette jeune femme jamais heureuse, doutant sans cesse d’un mari qui se sacrifie sans compter pour elle, diminue la pureté de cet amour. Elle se plaint qu’il ne l’aime pas alors qu’il la demande en mariage, qu’il ne pense qu’au commerce qu’il désire acquérir alors qu’il investit l’argent dans un bel appartement pour eux deux, qu’il passe son temps avec les copains alors qu’il cherche à améliorer leur quotidien, qu’il néglige sa grossesse alors qu’il cherche le meilleur médecin pour elle, bref, tout est fait pour qu’on ressente envers cette femme une certaine animosité, et ce malgré le fait qu’elle nous est toujours présentée de façon sympathique. De même, cet époux dévoué et maladroit en amour, finit pas nous sembler bien naïf. Ces relations prosaïques, risibles si elles n’étaient pas traitées avec un certain sérieux, n’empêchèrent pas moins au film de remporter l’Oscar du meilleur scénario. Plus curieux encore, Borzage remporte la précieuse statuette pour cette réalisation alors qu’on est loin d’avoir affaire au meilleur de ses films. Signalons aussi que l’œuvre s’ouvre sur des réflexions audacieuses pour l’époque propres aux films sortis avant la mise en place du code Hays : l’héroïne, une jolie fille blasée, constamment importunée par des inconnus, considère que lorsqu’un homme aborde une femme, c’est toujours dans le but inavoué de coucher avec elle.

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