LE PRINCE ÉTUDIANT

LE PRINCE ÉTUDIANT

THE STUDENT PRINCE IN OLD HEIDELBERG

Une comédie dramatique de Ernst Lubitsch et de John M. Stahl

105  mn

Avec Ramon Novarro, Norma Shearer, Jean Hersholt, Gustav Von Seyffertitz, Philippe De Lacey, Edgar Norton, Bobby Mack, Edward Connelly, Otis Harlan
Scénario de Hans Kraly
D'après Wilhelm Meyer-Förster
Photo de John J. Mescall
Produit par Irving G. Thalberg

RESUME
En compagnie d'un sympathique précepteur, un prince héritier allemand grandit à la cour, privé des joies des enfantines. Parvenu à l'âge adulte il est envoyé à Heidelberg pour y continuer ses études. Il y découvrira les plaisirs de la jeunesse.

COMMENTAIRE
« Le prince étudiant » est un film magnifique qui s’attache avec raffinement et sensibilité à décrire de quoi sont faites les joies de la vie. Car plus qu’une fable sur les rois qui cachent tristesse et solitude derrière le pouvoir et l’opulence, plus qu’un mélodrame sur l’amour impossibilité entre princes etroturières, le film est une apologie des plaisirs authentiques tels que l’amour, la camaraderie et le divertissement. Ce prince solitaire choyé par une cour dévouée mais austère, ne sera jamais aussi heureux que lorsqu’il tombera amoureux d’une modeste serveuse et qu’il découvrira les joies de la fête entre amis de son âge. Et qu’importe s’il loge dans une modeste auberge ! Le plaisir se présente en filigrane dans toute l’œuvre d’Ernst Lubitsch. Mais tandis que tout ce qui s’y oppose (le pouvoir, la bigoterie, l’argent, les idéologies, l’esprit calculateur) est souvent un sujet de dérision, ici il fait l’objet d’une condamnation désenchantée. Allant à l’encontre des idées communément admises, la richesse et le pouvoir sont en effet des prisons dans lesquelles les hommes se morfondent. L’amitié et l’amour, sentiments indispensables au bonheur, sont l’apanage des gens simples. Paradoxalement, c’est une dimension sombre et tragique qui mettra en relief cette approche. Car ces instants partagés avec la plèbe ne seront qu’une oasis dans la vie de ce jeune prince obligé d’assumer sa lourde charge de souverain après la mort de son oncle. Ce retour au palais sera le début d’une vie sans joie tristement bercée par la nostalgie des bons moments passés. C’est finalement en découvrant l’amertume de ce jeune homme qu’on réalise de quoi le vrai bonheur est fait ; un bonheur dont ce roi sera privé car ce monde ne semble pas permettre aux monarques de vivre comme ils le souhaitent. Interprété par un Ramon Novarro attendrissant - mélange de Buster Keaton dans les séquences tristes et de Gene Kelly dans les séquences joyeuses -, ce jeune prince possède un romantisme, une résignation, une amabilité enchanteresse, comme le couple qu’il forme avec la serveuse incarnée par une Norma Shearer rayonnante de jeunesse et de beauté. Ajoutons que ce film, qui avait été pressenti un temps pour Eric Von Stroheim, bénéficie de beaux décors et d’une convaincante reconstitution de l’Allemagne du début du 19ème siècle.

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