LES QUATRE FILLES DU DR MARCH

LES QUATRE FILLES DU DR MARCH

LITTLE WOMEN

Une comédie dramatique de George Cukor

111  mn

Avec Katharine Hepburn, Joan Bennett, Paul Lukas, Edna May Oliver, Jean Parker, Frances Dee, Henry Stephenson, Douglas Montgomery, Spring Byington, Samuel Hinds
Scénario de Sarah Y. Mason, Victor Heerman
D'après Louisa May Alcott
Musique de Max Steiner
Photo de Howard J. Gerrard
Produit par Kenneth McGowan, Merian C. Cooper

RESUME
@S.Durant la guerre de sécession, les aventures d’une famille dont le père est parti à la guerre : les quatre filles reçoivent de leur tante un $ qu'elles dépensent pour acheter un cadeau à leur mère, laquelle vient en aide à des nécessiteux.

COMMENTAIRE
Avec « King Kong », « Les quatre filles du Dr March » est l’autre succès RKO de cette année 1933. (Les deux films sont produits par Merian C. Cooper). Tiré d’un roman populaire de la deuxième moitié du 19ème siècle - déjà adapté au cinéma en 1919 sous le titre « L’accalmie » - il remporte l’Oscar du meilleur scénario non original. L’auteur, disciple de Thoreau et d’Emerson, avait écrit cette histoire pour les jeunes filles en fleur et s’était projeté dans Jo, l’héroïne incarnée ici par Katherine Hepburn. George Cukor, dont c’est la troisième réalisation cette année-là, en fait un film aussi raffiné que truffé de mièvreries. Autant du point de vue des décors que des toilettes, il reconstitue avec beaucoup de goût une époque, un état du Nord ; de même que sa mise en scène est travaillée - ce qui explique son côté parfois guindé, et ce jeu pas toujours cohérant de Hepburn -, autant le tableau qu’il dresse est d’une gentillesse trop béate pour être honnête : aucune malveillance ne vient faire ombrage à cette histoire de fratrie où ne règnent que gentillesse, altruisme et compassion. La mort d’un proche, perçue comme une fatalité, ne fait pas davantage osciller l’optimisme béat qui entoure cette histoire parfois ennuyeuse, il faut bien le dire. (En pleine crise économique, on peut imaginer qu’un tel univers avait de quoi réconforter). Le traitement de la gente masculine est un autre aspect lénifiant du film. Aucun personnage masculin n’est pourvu de quelque virilité. Le petit ami est efféminé, le professeur campé par Paul Lukas est d’une amabilité ridicule, tandis que le père des filles, étonnamment, est inexistant.

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