QUATRE HOMMES ET UNE PRIÈRE

QUATRE HOMMES ET UNE PRIÈRE

FOUR MEN AND A PRAYER

Un film d'aventures de John Ford

82  mn

Avec Loretta Young, Richard Greene, George Sanders, David Niven, C. Aubrey Smith, J. Edward Bromberg, William Henry, John Carradine, Alan Hale, Reginald Denny, Berton Churchill, Barry Fitzgerald
Scénario de Richard Sherman, Sonya Levien, Walter Ferris
D'après David Garth
Musique de Louis Silvers
Photo de Ernest Palmer
Produit par Darryl Francis Zanuck

RESUME
Un vieux général de l'armée des Indes est renvoyé pour une faute qu'il n'a pas commise. Sur le point de divulguer à ses quatre fils les preuves de son innocence, il est assassiné et ses documents sont volés. Ses fils décident alors de mener l'enquête.

COMMENTAIRE
Comment a-t-on pu proposer un sujet aussi indigent à John Ford ? Alors que cette année-là, la Fox produit des œuvres comme « Suez » ou « Le proscrit », Darryl Francis Zanuck offre (impose certainement) à Ford un script dont l’esprit relève des séries B telles les « Mr. Moto » et autres « Charlie Chan » - des séries qui font les choux gras du studio, il est vrai. Entre policier et film d’aventures, « Quatre hommes et une prière » relate les pérégrinations de quatre frères qui écument le monde à la recherche des preuves de l’innocence de leur père. Les méchants sont taillés à la serpe et les héros ne sont guères plus convaincants. Faisant partie des œuvres les plus impersonnelles de Ford, le film semble avoir été réalisé à la va vite par un réalisateur qui n’a fait que son métier, (parole confirmée par Ford lors d’un interview à Peter Bogdanovich). Il est difficile en effet d’y déceler la moindre touche fordienne. On a bien une scène de bal, une scène de recueillement en mémoire d’un disparu, mais elles sont assez quelconque. Quant à la troupe des comédiens fordiens, elle est réduite à deux d’entre eux, John Carradine qui incarne le minuscule rôle d’un commandant de peloton d’exécution, et Barry Fitzgerald qui accomplit une chorégraphie des plus loufoques lors d’une bagarre générale. On s’accordera néanmoins à admettre que certaines séquences comme le massacre des révolutionnaires sont parfaitement mises en scène. Car heureusement, « Quatre hommes et une prière » est légèrement supérieure par sa forme à une vulgaire série B. Cependant, à l’image de la distribution où seule Loretta Young est une vedette de premier plan, les décors sont honnêtes sans plus. Le plus grand décor, la ville portuaire où les marchands d’armes font escale, reste assez sommaire en plus d’exhaler fortement la reconstitution en studio. Et il est fort à parier que le bel intérieur de la demeure du vieux général est une récupération d’un autre film plus prestigieux. Toute chose égale par ailleurs, finalement, le film vaut bien « Concession internationale », une production Fox sortie la même année, réalisée par le modeste Eugene Forde, interprété également par George Sanders et dont l’histoire s’articule elle aussi autour d’un trafic d’armes.

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