RAMONA

RAMONA

RAMONA

Un mélodrame de Henry King

81  mn

Avec Loretta Young, Don Ameche, Kent Taylor, Pauline Frederick, Jane Darwell, Katherine DeMille, Victor Kilian, John Carradine, J. Carrol Naish, Pedro De Cordoba, Russel Simpson, Chief Thundercloud
Scénario de Lamar Trotti
D'après Helen Hunt Jackson
Musique de Alfred Newman
Photo de William V. Skall
Produit par Darryl Francis Zanuck

RESUME
En 1870 dans une hacienda californienne, la fille adoptive de la maison est convoitée par de nombreux soupirants dont son cousin, le maître des lieux. Un jeune Indien tondeur de moutons ne tardera pas lui aussi à tomber sous son charme.

COMMENTAIRE
Après seulement une année d’existence, la Twentieth Century-Fox n’hésite pas à se lancer dans l’onéreuse expérience de la couleur. Troisième film de long métrage totalement filmé en Technicolor trichrome à sortir sur les écrans après « Becky Sharp » et « La fille du bois maudit », respectivement produit par la RKO et la Paramount, « Ramona » relève de ce même esprit entreprenant qui poussera la Fox à produire en 1953 le premier film en Cinémascope. Captant une Californie ensoleillée et idyllique, bénéficiant d’un soin particulier de la part du chef opérateur William V. Skall spécialiste du Technicolor, l’image est évidemment magnifique. Comme dans « La fille du bois maudit », les extérieurs nombreux ajoutent encore - dans le cadre du cinéma de l’époque - à l’aspect spectaculaire de l’œuvre. Un tel projet se veut avant tout une vitrine pour le studio qui y associe de ce fait ses plus talentueux artistes. Outre Lamar Trotti et Henry King qui travaillent pour lui depuis quelques années, on découvre au générique un Don Ameche et une lumineuse Loretta Young qui deviennent - avec Tyrone Power - les principales vedettes de la Fox à cette époque. Remake d’un film de 1928 tiré d’un classique d’Helen Hunt Jackson, « Ramona » est un beau mélodrame relatant le parcours tragiques d’un couple d’Indiens confronté à l’intolérance, le racisme et l’iniquité des Blancs. Le choix du sujet est certainement imputable à Darryl Francis Zanuck, le fondateur du studio et le producteur du film. « Les raisins de la colère », « Le mur invisible », « L’héritage de la chair » sont autant d’œuvres Fox qui traitent de l’exclusion des minorités et dont il est l’instigateur. « Ramona » annonce ces films dérangeants qui égratignent la bonne conscience de l’Amérique. Que ce soit cette mère qui refuse d’admettre que sa fille adoptive est une indienne, cette famille de colons honnêtes qui exproprie notre couple indien en le menaçant avec une arme, ou cette vieille femme aimable qui se transforme en harpie lorsqu’elle apprend qu’elle accueille des Indiens, l’image du fondateur de l’Amérique est étonnamment mise à mal. A côté de cela le film baigne dans une atmosphère prêchi-prêcha insistante, une atmosphère que l’on doit certainement à King connu pour être profondément religieux. Ajoutons que dans un rôle de vieille femme attentionnée et maternelle, Jane Darwell rappelle celle qu’elle incarnera dans « Les raisins de la colère », d’autant que c’est une nouvelle fois elle ici qui conclut le film avec un discours universel touchant.

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