RASPOUTINE ET SA COUR

RASPOUTINE ET SA COUR

RASPUTIN AND THE EMPRESS

Un drame de Richard Boleslavsky

116  mn

Avec Ethel Barrymore, Lionel Barrymore, Ralph Morgan, Tad Alexander, John Barrymore, Diana Wynyard, C. Henry Gordon, Edward Arnold
Scénario de Charles McArthur
Musique de Herbert Stothart
Photo de William H. Daniels

RESUME
Le jeune fils du Tsar Nicolas II est chéri des siens et du peuple. Or il est atteint d'hémophilie. Le prêtre Raspoutine qui le sauve d'une grave blessure au grand étonnement des médecins impuissants, gagne la confiance de la tsarine.

COMMENTAIRE
La vision hollywoodienne des dernières années de la famille du Tsar Nicolas II avant qu’elle soit emportée par la tourmente de la révolution russe. Entouré d’un halo de croyances populaires, cet épisode de l’histoire russe est marqué par la présence d’un mystique troublant et controversé auquel on attribue des pouvoirs mystérieux. Tout en respectant les grandes lignes de la vérité historique - ce qui ne valut pas moins à la MGM de perdre un procès en diffamation intenté par les héritiers du Tsar -, le film se concentre sur les rapports entre cet homme et la cour. Les mystères et les légendes qui entourent Raspoutine forment surtout matière à flirter avec les frontières du fantastique, genre particulièrement prisé en 1932. Le film jouit par ailleurs de la présence des trois Barrymore, d’immenses comédiens de théâtre dont la famille use les planches depuis plusieurs générations. Lionel dans le rôle titre, Ethel - qu’on ne reverra plus au cinéma avant 1944 - dans le rôle de la tsarine, et John dans celui d’un conseiller avisé de la famille Romanov, sont rassemblés pour l’unique fois de leur carrière dans un film. Décrédibilisant par moment l’histoire, l’outrance de l’interprétation de Lionel est à la mesure de la légende qui entoure Raspoutine. Non seulement la vie dissolue, les beuveries, et le physique repoussant qu’on associe à ce personnage transparaissent à l’écran, mais à travers son jeu on découvre une fourberie inquiétante, une malveillance insaisissable qui relève de la folie ; des aspects menaçants encore soulignés par les éclairages. Dignes des meilleurs films fantastiques, le point d’orgue a lieu lorsque les deux frères Barrymore s’opposent dans une lutte d’une étonnante violence qui s’apparente à l’affrontement de deux bêtes. En tant qu’exécuteur des volontés de la tsarine, John frappe avec une hargne incroyable un Raspoutine qui semble indestructible - comme l’indique sa biographie. (Il aura fallu en effet qu’il soit empoisonné, qu’ils reçoivent trois balles - dont l’une entre les deux yeux ! - et qu’enfin il soit jeté dans un trou d’eau glacée pour qu’il succombe). Première grande réalisation de Richard Boleslavsky, « Raspoutine et sa cour » se présente comme une super production. Si beaucoup d’extérieurs, défilés militaires et plans de foules, sont des documents d’époque - qui jurent il est vrai avec l’unité esthétique de l’ensemble -, les intérieurs sont souvent soignés. On notera en particulier l’ouverture du film où l’on assiste dans un édifice religieux à la célébration du tricentenaire de l’arrivée au pouvoir de la famille Romanov.

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