LE BAISER

LE BAISER

THE KISS

Un mélodrame de Jacques Feyder

60  mn

Avec Greta Garbo, Conrad Nagel, Anders Randolph, Lew Ayres, Holmes Herbert, George Davis
Scénario de Hans Kraly
D'après George M. Saville
Musique de William Axt
Photo de William H. Daniels

RESUME
Ne trouvant pas le courage de quitter son mari plus âgé qu'elle et particulièrement jaloux, une femme choisit de rompre avec son amant. Finalement elle se compromettra malgré elle avec un jeune étudiant pour lequel elle n'a aucun sentiment.

COMMENTAIRE
Le dernier film muet de Greta Garbo, faut-il le redire ! Alors que cette année là, toutes les grandes vedettes de la MGM ont déjà tenté l’expérience du parlant, Garbo, certainement par crainte d’un échec commercial, fait acte de résistance. Rétrospectivement, on aurait tort de s’en plaindre. En 1929, tandis qu’il est emporté par la déferlante du parlant, que le la grammaire sophistiquée et riche en nuances qu’il avait mis trente ans à établir se taît à jamais, (hormis quelques films exceptionnels comme « Tabou » de Friedrich Wilhelm Murnau ou « Les lumières de la ville » de Charlie Chaplin, plus aucune œuvre muette ne sortira des studios hollywoodiens après 1929), le cinéma muet, qui a atteint une maturité telle qu’il est devenu un art en soi, brûle ses derniers feux avec des œuvres magnifiques comme « Le baiser ». Le film témoigne en effet du degré d’aboutissement auquel est parvenu ce cinéma. Sur une intrigue minuscule qui reprend des thèmes usés jusqu’à la corde, Jacques Feyder parvient avec une apparente économie de moyens à nous captiver. Outre la profusion des idées de mise en scène parfaitement adaptées au besoin de la situation, le jeu des acteurs est fascinant. Maîtrisant son art à la perfection, Garbo transmet toute la subtilité de ses sentiments à travers une large palette d’attitudes et d’expressions. Que ce soit avec le mari, l’amant, ou le jeune admirateur, les intentions comme les sentiments sont sans équivoques. On notera en particulier cet air amusé, désinvolte, mais pas totalement indifférent qu’elle arbore face à ce jeune puceau (Lew Ayres) qui a l’outrecuidant espoir de la séduire. Il faudra longtemps avant de retrouver cette communion entre l’acteur et le spectateur dans un cinéma parlant étouffé par les dialogues.

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