RÉVOLTE À DUBLIN

RÉVOLTE À DUBLIN

THE PLOUGH AND THE STARS

Un drame de John Ford

67  mn

Avec Barbara Stanwyck, Preston Foster, Una O'Connor, Barry Fitzgerald, Denis O'dea, Eileen Crowe, Arthur Shields, Moroni Olsen, J. M. Kerrigan, Bonita Granville, Erin O'Brien-Moore, Brandon Hurst, wesley Barry
Scénario de Dudley Nichols
D'après Sean O'Casey
Musique de Roy Webb
Photo de Joseph H. August
Produit par Samuel Briskin, Cliff Reid, Robert Sisk

RESUME
En 1916 à Dublin, l'insurrection irlandaise se met en place. Nommé commandant par les chefs de la révolte, un homme doit rejoindre ses troupes au grand désespoir de sa femme qui refuse de le voir risquer sa vie, même pour une noble cause.

COMMENTAIRE
Dans les années trente, John Ford travaille essentiellement pour deux studios, la Fox et la RKO. Même si c’est pour « Le mouchard », produit par la RKO, qu’il reçoit son premier Oscar, c’est incontestablement à la Fox qu’il tourne ses plus beaux films. Loin d’être un hasard, cette différence provient en grande partie de l’esprit et de la structure des deux firmes. Plus que les scénarios qui sont meilleurs à la Fox, celui-ci est plus fastueux, offre des scènes visuellement plus spectaculaires, alors qu’à la RKO tout semble plus confiné, plus fauché, moins attentif au contenu exceptionnel d’une scène ; en définitif elle a une approche plus théâtrale que sa consoeur. Ceci est en revanche compensé par une plus grande liberté de créativité. Tandis que le catalogue de la RKO démontre qu’elle est le studio des films atypiques, la Fox, sous la férule de Darryl Francis Zanuck, a toujours gardé un esprit qui la définit. Dans ce contexte, Ford réalise dans les années trente à la RKO des films très personnels certes, artistiquement pertinents certainement - d’où l’Oscar -, mais également ennuyeux et boursouflés qui cachent les insuffisances du studio. « Révolte a Dublin » ne déroge pas à cette règle. Reprenant en partie le style du « Mouchard » (musique omniprésente, dialogues ponctués de longs silences, éclairages expressionnistes, décors minimalistes), le film pêche par un mélange de genres, un manque de rythme, une interprétation épouvantable et une durée particulièrement courte qui l’assimile à une série B. Habituellement remarquable, Barry Fitzgerald, qui interprète ici son premier rôle dans un film américain, cabotine désagréablement. Il ne cesse de faire des pitreries alors que l’atmosphère insurrectionnelle du film se prête au drame. Ce mélange sans discernement de comédie est de drame est peut-être encore l’aspect le plus gênant. Ceci est d’autant plus regrettable que le film, qui se déroule comme « Le mouchard » dans le pays d’origine de Ford, qui relate un épisode douloureux de l’Irlande, présentait tous les éléments pour constituer une œuvre passionnante. Mêlant moments intimes et pages d’histoire, les scènes d’actions se confondent avec des destinées individuelles interprétées par des acteurs de premier plan. Hélas, les scènes d’actions sont d’horribles stock shots ou de rapides et confuses séquences de guérilla urbaine, tandis que les moments d’émotion ne trouvent pas d’écho.

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