LES RÉVOLTÉS DU BOUNTY

LES RÉVOLTÉS DU BOUNTY

MUTINY ON THE BOUNTY

Un film d'aventures de Frank Lloyd

128  mn

Avec Charles Laughton, Clark Gable, Franchot Tone, Herbert Mundin, Eddie Quillan, Dudley Digges, Donald Crisp, Henry Stephenson, Francis Lister, Spring Byington, Percy Waram, David Torrence, Douglas Walton, Ian Wolfe, Ivan Simpson
Scénario de Talbot Jennings, Jules Furthman, Carey Wilson
D'après Charles Nordhoff, James Norman Hall
Musique de Herbert Stothart
Photo de Arthur Edeson
Produit par Irving G. Thalberg

RESUME
@F.Au 18ème siècle, un vaisseau britannique est en route pour Tahiti. Le capitaine despote est haï de ses hommes. Son second tente de prendre la défense des matelots lorsque les brimades sont excessives, mais c’est toujours en vain.

COMMENTAIRE
Chose exceptionnelle, les trois premiers comédiens apparaissant au générique sont nominés cette année-là dans la catégorie « meilleur acteur ». Ce sera finalement Victor McLaglen pour le « Mouchard » qui remportera la précieuse statuette ! Le film de John Ford raflera l’Oscar dans d’autres catégories importantes, abandonnant tout de même à Frank Lloyd celui du meilleur film. A ce sujet, il est surprenant de constater qu’une œuvre aussi atypique et personnelle que « Le mouchard » ait été préférée par la profession aux « Révoltés du Bounty » qui incarne le cinéma hollywoodien dans ce qu’il a de plus percutant. Avec « Le marquis de Saint-Evremont », « Les révoltés du Bounty » est la plus ambitieuse production MGM de l’année. Le studio y associe ses plus grandes stars masculines et ne se contente pas de reconstituer des extérieurs en projetant des images dans le fond de la scène comme c’est souvent le cas à l’époque. Ainsi, en plus d'une interprétation percutante, le film se déroule dans un cadre maritime particulièrement réaliste. Le traitement de l’histoire est également représentatif du style hollywoodien dans ce qu’il a de plus convainquant. Tirée d’un fait réel complexe, elle élude de nombreux points essentiels à la compréhension du conflit entre le capitaine et ses hommes, (des points parfois présents mais impossible à interpréter tels que l’acharnement à vouloir passer le détroit de Magellan symbolisé par des zigzags sur une carte, ou le désir du Second de retourner à Tahiti, suggéré par les difficultés qu’il éprouva à quitter l’île) pour conserver les quelques éléments qui donneront un ton clairement manichéen à l’ensemble. Plus appuyé que le remake de 1962, le capitaine incarné par un Charles Laughton magistral, est un méchant qu’aucune circonstance atténuante ne vient adoucir. Le résultat est un récit efficace dans lequel s’inscrivent des personnages auxquels on s’identifie sans ambiguïté, opposés à d’autres qui incarnent un frein à l’entente entre les hommes. En revanche, plus exceptionnel dans le paysage hollywoodien de l’époque, aucune femme, sinon la discrète vahiné, ne vient égayer ce film viril qui aligne, non sans une certaine complaisance comme le veut l’histoire, une succession ininterrompue de sévices et de souffrances humaines.

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