LE ROI DES ROIS

LE ROI DES ROIS

THE KING OF KINGS

Un péplum de Cecil B. DeMille

158  mn

Avec H. B. Warner, Dorothy Cumming, Ernest Torrence, Joseph Schildkraut, James Neill, Joseph Striker, Robert Edeson, John Prince, Helen Logan, Montagu Love, William Boyd
Scénario de Jeanie McPherson
Photo de Peverell Marley

RESUME
Marie Magdalena vit dans l'opulence. Elle apprend que Judas qu'elle attend, accompagne un charpentier. Elle décide alors de rencontrer cet homme « à la tête d'une bande de mendiants ». Cette rencontre bouleversera sa vie.

COMMENTAIRE
Cette évocation de la vie du Christ où se succèdent tableaux et intertitres reprenant les textes des Evangélistes, demeure une illustration saisissante et rarement égalée du Nouveau Testament. Tous les moments importants des trois dernières années de la vie de Jésus sont relatés. Le Christ, toujours nimbé, apparaît à l’image dans le regard d’un enfant aveugle qui retrouve la vue, et disparaît alors qu’il envahit le ciel au-dessus d’une métropole - des idées de mise en scène à la symbolique appuyée. Les plus belles séquences sont certainement la résurrection de Lazare et le cataclysme qui accompagne la mort du Christ. Alors que la première scène est digne des meilleurs films fantastiques des années trente, la deuxième n’a rien à envier aux films catastrophes. Les scènes de foules très nombreuses sont remarquables comme toujours chez Cecil B. DeMille. Venant encore embellir cette fresque, deux bobines utilisent le Technicolor bichrome, la première qui ouvre le film et où Marie Magdalena festoie, et une autre, magnifique, lorsque le Christ ressuscite. La qualité de cette œuvre, ajoutée à celle des « Dix commandements » sorti quatre ans auparavant, fait incontestablement de DeMille le maître du film biblique. (S’ajouteront à la fin de sa carrière, « Samson et Dalila » et une nouvelle version des « Dix commandements » tous aussi ambitieux). Plus qu’un travail d’auteur, cette passion pour le genre est de toute évidence animée par une foi indéfectible et un besoin de la servir. Dans « Le roi des rois » en particulier, on perçoit une immense croyance en l’histoire pieuse. Cette approche conduit à quelque chose de cinématographiquement à part, expliquant en partie que la plupart des films retraçant l’histoire du Christ - et les films bibliques en général - sont des fours. En effet, les histoires que relate la Bible sont trop grossières et naïves pour s’y projeter, pour pouvoir s’identifier à un personnage, ce qui réduit l’intérêt de son intrigue. Comment imaginer qu’un film où le héros serait un être à l’allure suprême, dont l’entourage est uniquement constitué de serviteurs outrancièrement dévoués et de méchants caractérisés, nous parle ? Si « Le roi des rois » ne déroge pas à la règle, reste le message et l’image qui possèdent une indéniable force.

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