ROMANCE

ROMANCE

ROMANCE

Un mélodrame de Clarence Brown

76  mn

Avec Greta Garbo, Lewis Stone, Gavin Gordon, Elliott Nugent, Florence Lake, Clara Blandick, Henry Armetta
Scénario de Bess Meredyth, Edwin Justus Mayer
Photo de William H. Daniels

RESUME
Lors d'une soirée, un pasteur fait la connaissance d'une cantatrice italienne un peu fantasque. Ils ne tarderont pas à s'éprendre l'un de l'autre, mais lorsque l'homme demandera la main de la belle chanteuse, elle lui avouera son passé volage.

COMMENTAIRE
Alors que dans « Anna Christie », son premier film parlant, Greta Garbo semblait quelque peu crispée, « Romance », qu’elle tournera immédiatement après, dévoile une actrice plus à l’aise et plus conforme à l’image qu’elle s’est forgée ensuite. Libérée, jouant sans complexe de son accent si particulier, elle passe maintenant avec aisance de la femme superficielle et inaccessible à l'amante transie et tourmentée. Il faut dire que son port altier, sa démarche délicate, la prédispose plus à incarner des personnages aristocratiques comme ici que les orphelines démunies de « Anna Christie ». Ceci étant, le film lui-même n’est pas plus enthousiasmant que le précédent. Embarrassée par l’appareillage et la technologie qui accompagne la prise du son qui vient de faire son apparition, la mise en scène est particulièrement statique. Véritable théâtre filmé, une séquence de 25 minutes - dans un film qui n’en fait que 76 ! - est tournée dans une unique pièce avec une caméra toujours placée dans le même axe. (Certainement conscient de la monotonie visuelle de cette séquence, Clarence Brown la fait suivre, chose surprenante, de quatre travellings avant successifs, quatre plans distincts qui introduisent selon des échelles différentes l’opéra où l’héroïne se produit). S’ajoute à cela une intrigue mélodramatique sans surprise servie dans le rôle de l’amoureux malheureux par un fade Gavin Gordon qui interprète probablement là le rôle le plus remarquable de sa carrière. Outre sa forme en flash-back - le héros relate à son petit-fils son expérience malheureuse pour le mettre en garde contre certains dangers de l’amour -, l’originalité de l’histoire se concentre sur la position morale antagoniste des deux amoureux. Les amours impossibles ne s’articulent pas comme nombre de mélodrames, autour de deux êtres issus de milieux sociaux différents par exemple, mais autour d’une femme volage et d’un homme d’Eglise dont les moralités divergent. Hélas, ce qui aurait pu être une réflexion sur la morale est trop convenu pour être digne d’intérêt. Petite touche de poésie à signaler, la plupart des extérieurs se déroulent dans des décors hivernaux alors que la neige tombe à gros flocons.

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