ROMÉO ET JULIETTE

ROMÉO ET JULIETTE

ROMEO AND JULIET

Un drame de George Cukor

120  mn

Avec Norma Shearer, Leslie Howard, John Barrymore, Edna May Oliver, Basil Rathbone, C. Aubrey Smith, Andy Devine, Conway Tearle, Ralph Forbes, Henry Kolker, Robert Warwick, Reginald Denny, Violet Kemble-Cooper
Scénario de Talbot Jennings
D'après William Shakespeare
Musique de Herbert Stothart
Photo de William H. Daniels
Produit par Irving G. Thalberg

RESUME
Deux familles nobles de Vérone se vouent une haine inextinguible, mais cela n'empêche pas Roméo, le fils de l'une d'elle, de se rendre incognito à une fête organisée par la famille adverse en l'honneur de Juliette, une héritière en âge de se marier.

COMMENTAIRE
Vouloir adapter à l’écran une pièce de William Shakespeare en respectant au mieux son esprit, est estimable en soi. Mais le théâtre n’étant pas le cinéma, et le verbe du dramaturge anglais n’étant pas celui qu’on a l’habitude d’entendre à Hollywood, le résultat a du mal à convaincre - comme cela avait déjà été le cas pour « Songe d’une nuit d’été », une autre pièce de Shakespeare produite par la Warner l’année précédente. S’ajoute le manque de naturel de Norma Shearer qui déclame son texte avec une passion convenue. Habituellement si spontanée et volontaire, elle incarne une Juliette dont le charme est altéré par des attitudes maniérées. Comme intimidé par la réputation de la pièce, George Cukor ne parvient pas à insuffler une modernité au personnage. Ainsi, cette interprétation ampoulée vient s’ajouter à un texte déjà chargé en images poétiques emphatiques. En revanche, peut-être grâce à leur plus grande expérience des planches, des acteurs comme Leslie Howard ou John Barrymore paraissent plus à l’aise, même si ce dernier cabotine quelque peu. D’autre part, si la volonté de donner à la pièce un aspect plus cinématographique est clairement affichée, par exemple en changeant aussi souvent que possible de lieux, l’ensemble manque de réalisme. Les décors, certes fastueux et vastes, sont trop simplistes et trop immaculés pour être une reconstitution crédible de Vérone au Moyen Âge. De même, les scènes d’action, batailles rangées entre Capulet et Montagu ainsi que les duels à l’épée, ne possèdent pas le panache qu’un Michael Curtiz aurait immanquablement insufflé. On sait que Cukor, très à l’aise dans la mise en scène de dialogues, ne brille pas lorsqu’il s’agit de réaliser des scènes de combat, un registre qu’il évite toujours scrupuleusement. (Dans « Don Juan » tourné dix ans auparavant, Barrymore exécutait, dans une Italie du 17ème siècle, un combat à l’épée bien plus impressionnant qu’ici). Bref, malgré des efforts pour lui apporter un aspect moins théâtral, et une débauche de moyens en vedettes, en costumes et en décors, tout cela ne parvient pas à faire oublier l’origine de cette histoire d’amour qui n’en demeure pas moins éternelle et magnifique.

Tous les droits de reproduction et de diffusion réservés © 2013 Hollywood33