LES ROTHSCHILD

LES ROTHSCHILD

THE HOUSE OF ROTHSCHILD

Un film biographique de Alfred L. Werker

84  mn

Avec George Arliss, Boris Karloff, Loretta Young, Robert Young, C. Aubrey Smith, Arthur Byron, Helen Westley, Reginald Owen, Florence Arliss, Alan Mowbray, Holmes Herbert, Paul Harvey, Ivan Simpson, Noel Madison, Murray Kinnell, Oscar Apfel, Lumsden Hare, Gilbert Emery, Charles Evans
Scénario de Nunnally Johnson
D'après George H. Westley
Musique de Alfred Newman
Photo de Peverell Marley
Produit par Darryl Francis Zanuck

RESUME
En 1780 dans le ghetto juif de Francfort, un vieil usurier expose à ses cinq fils avant de mourir la stratégie qu'ils devront adopter pour prospérer et garder leur dignité. Trente cinq ans plus tard ils auront chacun une banque dans une capitale d'Europe.

COMMENTAIRE
Est-ce un hasard si le seul grand producteur américain qui ne soit pas juif soit également le seul à avoir traité de l’oppression dont est victime ce peuple. Alors que la plupart des fondateurs des studios hollywoodiens se feront toujours discrets sur leurs origines juives et hésiteront toujours à dénoncer au cinéma les violences dont eux et leur famille ont fait l’objet - lors des pogroms en particulier -, Darryl Francis Zanuck qui vient de créer la Twenty Century n’hésite pas à rendre compte de cette injustice. Si on se souvient qu’en 1947 il jette un pavé dans la mare en produisant « Le mur invisible », on s’aperçoit qu’en 1934 avec « Les Rothschild » il affichait déjà ses intentions. La condamnation de l’antisémitisme est à peine atténuée ici par le fait que l’histoire de la maison Rothschild se déroule à l’époque napoléonienne et non pas de nos jours comme celle relatée par Elia Kazan. On découvre en effet que les juifs vivent dans des ghettos où est instauré le couvre-feu ; que l’accès de ces ghettos la nuit est obstrué par des rideaux métalliques ; qu’ils font l’objet de discriminations tant en matière d’impôts que lorsqu’il s’agit de traiter des affaires avec les autorités et la noblesse. C’est dans ce contexte que les Rothschild utilisent la puissance de l’argent pour faire plier leurs détracteurs et ainsi regagner la dignité dont on les a privés. Leur choix courageux, toujours en accord avec leur morale, finit également par ramener la paix en Europe et chasser Napoléon. Relayé par le scénario de Nunnally Johnson qui suggère que l’argent des Rothschild a permis de terrasser le dictateur français, Zanuck donne à l’oppression des juifs une connotation des plus iniques. Ceci étant on ne peut s’empêcher d’être dérouté par les valeurs liées au pouvoir de l’argent qu’affiche le film. A la fois dans le rôle du vieux juif qui dissimule ses livres de compte à un percepteur malhonnête, et dans celui du fondateur de la filiale anglaise de la banque Rothschild, George Arliss, toujours aussi étonnant, porte à lui seul le film. Il interprète avec délice ce juif malin qui sait retourner à son avantage une situation désespérée. Elément tout à fait remarquable par ailleurs, véritable coup d’éclat du studio, les trois dernières minutes du film sont tournés en Technicolor. En 1934, date de la sortie du film, seul un court métrage - qui n'est pas un dessin animé -, « La Cucaracha », est filmé avec ce procédé et il faudra attendre l’année suivante pour découvrir « Becky Sharp », le premier long métrage en Technicolor. Ainsi, visibles sur les écrans quatre mois avant « La Cucaracha », ces quelques minutes durant lesquelles on assiste à une réception royale dans une salle somptueuse au milieu de convives élégamment vêtus, annonce ni plus ni moins l’entrée du cinéma dans une ère nouvelle.

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