SAN FRANCISCO

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Un film catastrophe de Woody S. Van Dyke

115  mn

Avec Clark Gable, Jeanette McDonald, Spencer Tracy, Jack Holt, Jessie Ralph, Ted Healy, Harold Huber, Al Shean, Vincent Barnett
Scénario de Anita Loos, Eric Von Stroheim
D'après Robert Hopkins
Musique de Edward Ward
Photo de Oliver T. Marsh
Produit par Woody S. Van Dyke, John Emerson, Armand H. Hyman

RESUME
En 1906 à San Francisco, le directeur d'un cabaret engage une jeune chanteuse dont la voix enchante la direction de l'opéra qui voudrait l’engager. Seulement celle-ci est sous contrat et ne veux pas trahir la confiance de son protecteur.

COMMENTAIRE
Sans doute le meilleur film catastrophe de l’époque. La fox tentera l’année suivante de produire le sien, « L’incendie de Chicago », mais par manque de moyens et d’acteurs de qualité, elle ne parviendra pas à faire aussi bien. (Elle reprendra tout de même des personnages analogues, des directeurs de cabarets, des candidats à la mairie et des chanteuses). Ce qui semble totalement inhabituel ici, lié au tremblement de terre de San Francisco lui-même, c’est la restitution de l’ambiance très particulière qui suivit la catastrophe. Les gens sont ahuris et déambulent hagards au milieu des ruines à la recherchent de leurs proches. A l’image des survivants, Clark Gable, blessé, divague lui aussi dans les rues pour retrouver celle qu’il aime, jouant là un personnage qu’on ne lui connaissait pas. Trente ans après les faits, Woody S. Van Dyke se doit de rester fidèle à des évènements qui hantent encore la mémoire collective. Outre le tremblement de terre et l’incendie, plus impressionnants qu’instructif, il parvient à reconstituer un climat de fin du monde et d’abattement tel qu’il est décrit par les historiens. Il y ajoute d’autres éléments véridiques : c’est à travers le regard de Gable qu’on découvre les conduites d’eau coupées empêchant l’extinction des feux, les cadavres portant des écriteaux « Abattu pour pillage », les immeubles détruits à la dynamite par l’armée, etc. Contrastant avec ces scènes apocalyptiques, la fin, bien que prêchi-prêcha, demeure superbe. Elle explique à elle seule l’immense succès du film. Sous un soleil resplendissant, une foule chantante monte sur la colline pour constater que la ville ne brûle plus. La succession des plans à ce moment là, dont certains rappellent le cinéma d’Eisenstein, et la mise en scène composent une séquence émouvante digne des plus grands réalisateurs. A côté de cela, le scénario intelligent est émaillé de nombreux numéros musicaux allant de la chansonnette de cabaret jusqu’à des airs de Verdi ou de Gounod. Ils mettent en valeur les dispositions exceptionnelles de Jeannette McDonald. Venu du même milieu, mais ayant emprunté des chemins divergents qui les ont conduis l’un vers le bien, l’autre vers le mal, Spencer Tracy en prêtre, et Gable en caïd, évoquent ces amitiés difficiles qu’on retrouve dans « Un drame à Manhattan » ou dans « Les anges aux figurent sales».

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