SERGENT YORK

SERGENT YORK

SERGEANT YORK

Un film de guerre de Howard Hawks

134  mn

Avec Gary Cooper, Walter Brennan, Joan Leslie, Ward Bond, George Tobias, Stanley Ridges, Margaret Wycherly, June Lockhart
Scénario de Abem Finkel, Harry Chandler, Howard Koch, John Huston
Musique de Max Steiner
Photo de Sol Polito
Produit par Hal B. Wallis, Jesse L. Lasky

RESUME
@A.Un jeune paysan, travailleur mais turbulent, convoite une terre. Il travaille jour et nuit pour se l’acheter dans les 2 mois, mais perfidement, elle est vendue à un autre. Il s'apprête à faire payer cher cette trahison lorsqu'il est foudroyé.

COMMENTAIRE
Œuvre de propagande au ton très moralisateur tirée d’une histoire vraie, « Sergent York » ne ressemble pas à un film de Howard Hawks - ce fut néanmoins son plus grand succès commercial - car le héros hawksien, lorsqu’il n’est pas le pitre d’une comédie, est un être accompli, viril et déterminé, à l’opposé du personnage interprété ici par Gary Cooper. Celui-ci se cherche et est en pleine mutation spirituelle, d’abord écervelé il évolue vers un individu pétri de bons sentiments. Il subit les événements plus qu’il ne les provoque et il est même dépassé par eux : cette initiative qui le pousse à effectuer son acte de bravoure est plus due à la situation qu’à un caractère héroïque exceptionnel. Tout ceci n’est pas très hawksien, comme ce script où pas une parole désinvolte n’est prononcée alors que ses films, même les plus sérieux, n’en sont jamais dépourvus. Il y a dans « Sergent York » une solennité qu’on ne retrouve pas dans ses autres réalisations. En fait, le film est une œuvre de commande dont le véritable initiateur est Jesse L. Lasky. Nous sommes en 1941, à l’aube de l’engagement militaire de l’Amérique dans la Deuxième Guerre mondiale et le film va tenter de concilier la « bonne conscience », qui interdit de tuer son prochain, à la nécessité d’aller combattre un ennemi de la nation. Le scénario n’hésite pas à rechercher dans les valeurs archaïques, au risque de faire dans le prêchi-prêcha, et ainsi de ratisser le plus large possible. La première partie tient bien le coup, et même si les décors font un peu trop rappeler le studio, elle nous montre une Amérique profonde non dénuée de charme. En revanche, après que la foudre se soit abattue sur York et que sa vision du monde en soit radicalement transformée, nous entrons dans une deuxième partie plus pesante, dont le sommet, le recueillement du héros sur la montagne faisant ouvertement référence à la retraite de Moïse sur le mont Sinaï ou de Jésus dans le désert, touche au ridicule. Et comment croire que des officiers s'appesantissent sur les états d'âmes d'un simple soldat ! Malgré ses grosses ficelles, le film n’est jamais ennuyeux et se regarde avec intérêt. Curieusement, Cooper reçoit son premier Oscar pour ce rôle de brave paysan un tantinet naïf, un rôle à l’opposé du Shérif du « Train sifflera trois fois » pour lequel il recevra son deuxième Oscar et auquel la postérité associe plus volontiers l’acteur.

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