LE SERPENT MAMBA

LE SERPENT MAMBA

MURDERS IN THE ZOO

Un film d'horreur de A. Edward Sutherland

60  mn

Avec Charlie Ruggles, Lionel Atwill, Gail Patrick, Randolph Scott, John Lodge, Kathleen Burke, Harry Beresford
Scénario de Philip Wylie, Seton I. Miller
Musique de Karl Hajos
Photo de Ernest Haller

RESUME
En voyage en Indochine pour le compte d'un zoo, un riche mécène jette l'amant de sa femme en pâture aux bêtes sauvages. De retour en Amérique, il tuera un autre rival en s’arrangeant pour qu’il se fasse mordre par un serpent particulièrement venimeux.

COMMENTAIRE
Comme le magnifique « Zoo in Budapest », le chef d’œuvre de Rowland V. Lee, « Le serpent mamba » est un film de 1933 qui a pour cadre un parc zoologique. Mais les similitudes s’arrêtent là, car la poésie du premier n’est plus ici qu’un florilège de scènes d’horreurs exploitant l’inquiétude qu’inspirent certains animaux dans l’imaginaire collectif. Véritable engouement ou hasard du calendrier, cette année-là, la menace animale en tant que vecteur d’angoisse verra son apogée avec la sortie de « King Kong ». Dévoré par un tigre ou par des crocodiles, mordu ou étouffé par des serpents, l’homme est effectivement ici la victime innocente d’une galerie inquiétante de bêtes sauvages. Le sadisme et la jubilation avec lesquels cette frayeur est traitée atteint son paroxysme lorsqu’une jeune femme héroïque est jetée dans un étang grouillant de crocodiles. La scène la plus horrible demeure toutefois celle où, au début du film, on découvre un homme poings liés, la bouche cousue, s’enfuir dans la jungle. Toutes ces monstruosités sont causées directement ou indirectement par un personnage fourbe et maladivement jaloux campé par Lionel Atwill, abonné à ce type de rôle depuis le succès de films comme « Le docteur X » et « Le masque de cire » - sorti quinze jours avant. Mais si ce petit film verse ouvertement dans l’horreur et le sadisme, il n’est pas non plus exempt de scènes de comédie, lesquelles sont assurées pour la plupart par Charlie Ruggles. Dans un rôle de reporter alcoolique, il ne cesse de faire le pitre. Bien qu’on trouvait déjà ce mélange des genres dans « Le docteur X », (le journaliste était alors campé par Lee Tracy) on peut penser que la présence de A. Edward Sutherland à la réalisation l’encouragea fortement. Il suffit de consulter sa filmographie pour s’apercevoir que le cinéaste a des affinités avec la comédie, beaucoup moins avec l’horreur et le fantastique qu’il aborde ici tout à fait exceptionnellement. Le héros de l’histoire, un jeune scientifique œuvrant pour le zoo, est incarné par Randolph Scott qui interprète là l’une des onze série B dans lequel il apparaîtra cette année-là.

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